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Coupable d’un autre homicide 30 ans plus tard

Michaël Nguyen | Journal de Montréal

Trente ans après avoir tué le champion olympique Victor Davis à la sortie des bars, un Montréalais a plaidé coupable ce lundi de l’homicide d’un septuagénaire, cette fois lors d’une soirée karaoké.

« Oui, je plaide coupable », a lancé tout penaud Glen Crossley, ce lundi au palais de justice de Montréal, coupant ainsi court à son procès qui devait commencer cette semaine.

Le drame remonte au 17 septembre 2016, au bar Station 77 à LaSalle. Ce soir-là, l’accusé de 49 ans s’était rendu là-bas avec des amis pour une soirée karaoké.

Sur place, une douzaine de clients étaient présents, dont la victime de 70 ans André Arsenault. Selon des témoins, ce dernier était intoxiqué et regardait « de travers » les autres clients.

« À un moment, M. Arsenault s’est tourné pour regarder Crossley, indique le résumé des faits. Il l’a fixé de la tête aux pieds. »

Un homme est alors intervenu pour demander à M. Arsenault de se calmer, mais sans succès. À la place, le septuagénaire a plutôt fait un doigt d’honneur à Crossley, à un pouce du visage.

Escaliers

De toute évidence mécontent, Crossley a alors saisi sa victime par le collet. Mais en relâchant son emprise après la bousculade, la victime, qui se trouvait en haut d’un escalier, a déboulé les marches et s’est cognée la tête au sol.

« Il est tombé comme un arbre qui vient d’être coupé », avait expliqué un témoin aux policiers.

Sur le coup, personne n’a cru que M. Arsenault était blessé. Deux amis de Crossley ont toutefois réalisé que l’homme était inconscient et ont appelé les secours. Le décès a été constaté peu après.

« Une personne raisonnable aurait réalisé les risques [en posant les gestes de Crossley », a rappelé le juge Daniel Royer en acceptant le plaidoyer de culpabilité de Crossley à une accusation d’homicide involontaire.

Pas la première fois

Il s’agit donc de la deuxième fois que Crossley reconnaît d’avoir causé la mort de quelqu’un.

En 1989, alors qu’il était un jeune adulte, l’accusé avait mortellement happé le champion de natation Victor Davis lors d’un délit de fuite, à la sortie d’un bar de Montréal.

«L’impact était si sévère que le corps a été projeté sur 17 mètres», avait rappelé le juge Pierre Brassard en 1992.

Crossley avait alors écopé de 10 mois d’incarcération pour délit de fuite mortel. Cette fois, le procureur de la Couronne Philippe Vallières-Roland compte demander trois ans de prison. L’avocate de la défense Annie Émond annoncera ses couleurs lors des plaidoiries sur la peine le mois prochain.