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Écrasement à Racine: «On savait exactement où était l'avion», assure un apprenti pilote

Agence QMI

Un apprenti pilote qui s'intéresse de près à la sécurité aérienne déplore ne pas avoir été pris au sérieux par l'armée et la Sûreté du Québec dans le cadre des recherches pour retrouver l'avion qui s'est écrasé à Racine, en Estrie, la semaine dernière.

Disparu mercredi soir, le Cessna 172 d'Hind Barch a été retrouvé seulement samedi. Un délai inconcevable pour André Lafrance, un avocat et grand amateur d'aviation qui avait pourtant pu rapidement déterminer le lieu de l'écrasement de l'appareil.

«On savait exactement à quelques centaines de mètres près où l'avion était», a raconté M. Lafrance lundi soir, en entrevue à LCN.

Pour parvenir à localiser l'appareil, M. Lafrance a interrogé la seconde pilote qui accompagnait Hind Barch à bord d'un second Cessna de l'école d'aviation Cargair. Celle-ci a raconté à l'avocat qu'elle avait perdu le contact visuel et radio avec l'avion d'Hind Barch, qui l'avait dépassé en route vers Sherbrooke, lorsqu'elle est entrée dans un «trou noir», soit un nuage particulièrement dense. La seconde pilote a ensuite fait demi-tour, se tirant de ce mauvais pas.

En comparant cette histoire avec des données enregistrées par Nav Canada et par un radar installé au Vermont, M. Racine, appuyé par quelques amis, a pu déterminer avec exactitude où s'était écrasée Hind Barch, qui avait aussi tenté de faire demi-tour dans le nuage. L'ensemble des démarches, mises bout à bout, n'a pris que quelques heures.

«Illuminés»

Or, lorsque Cargair a voulu présenter ses découvertes aux autorités, celles-ci n'ont guère été impressionnées. «Ils nous ont pris de haut, un peu, que ce soit [le centre interarmées de coordination des opérations de sauvetage de] Trenton ou la Sûreté du Québec, croyant que nous étions des illuminés», a déploré André Lafrance, en soulignant que les autorités ont pourtant fini par effectuer les mêmes démarches, plus tard.

Si ces informations «avaient été obtenues à temps, on n'aurait pas épuisé plusieurs bénévoles au sol qui étaient dans des secteurs qui étaient loin de l'écrasement», a poursuivi l'apprenti pilote.

«Trois jours de recherche pour quelque chose qui aurait pu se régler rapidement, c'est clairement inacceptable», a-t-il dénoncé.

M. Lafrance estime que les autorités auraient peut-être intérêt à améliorer leurs façons de faire, notamment lorsqu'on tient compte des nombreux écrasements survenus au Québec cet été. «On ne veut pas lancer la pierre à personne. Il y a de bons hommes et de bonnes femmes dans nos corps d'armée ou à la Sûreté du Québec.Tout ce qui reste à faire, c'est de mieux coordonner et de regarder comment on peut faire mieux à l'avenir», a-t-il affirmé.

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