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Érosion des berges: «il faut intervenir maintenant!»

TVA Nouvelles

Le passage de l’ouragan Dorian aux Îles-de-la-Madeleine a mis à rude épreuve les côtes de l'archipel, qui demande à Québec une aide financière d’urgence.

Lors de son passage, Dorian a soufflé avec des vents de 130 km/h à 140 km/h, avec des rafales à 145 km/h.

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Bien qu’il soit encore trop tôt pour évaluer les coûts des dommages, le maire Jonathan Lapierre a toutefois expliqué qu’il fallait agir d’urgence afin de protéger les côtes fragilisées par l’ouragan.

«Hier en cours de journée, j’ai fait le tour des Îles pour voir à quel genre de dégâts on avait affaire. Dans le secteur de La Martinique, un secteur de villégiature, des résidences secondaires ont été lourdement endommagées par le passage de la tempête. Du côté de La Grave, Havre-Aubert, la marina, plusieurs bateaux et embarcations ont été projetés complètement sur le littoral», détaille M. Lapierre.

En plus de ces dommages matériels, c’est l’érosion des berges qui préoccupe encore plus le maire des Îles. «Ce sont des mètres de territoire qui disparaissent!», s'inquiète-t-il.

Des chercheurs de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR) estiment que l'archipel perdent 24 centimètres de berge par année, un phénomène qui s'accentue avec le rechauffement climatique. Ils évaluent que les Îles auront perdu 38 mètres entre 1963 et 2060.

«Il faudra intervenir le plus rapidement possible pour sécuriser dans certains cas, et pour protéger dans d’autres cas, afin que les dommages ne se poursuivent. On a besoin d’une aide spéciale, rapide pour nous permettre d’intervenir» souligne-t-il.

Le gouvernement du Québec a annoncé 50 millions de dollars pour protéger les berges de la province. La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, avance que la somme devra être partagées entre plusieurs régions. Pour sa part, Jonathan Lapierre estime qu'il s'agit d'une aide «nettement insuffisante».

«Quand on dit que la falaise est rendue dans le stationnement d’un bâtiment public, il faut intervenir, non pas l’an prochain, mais maintenant! [...] En termes d’érosion des berges, il y a des secteurs importants qu’il faut sécuriser.»

L'érosion des berges est aggravée par les périodes de dégel plus longues, des tempêtes plus fréquentes et plus puissantes, et une couverture de glace plus fragile. Au Québec, l'île d'Anticosti, la Gaspésie et la Côte-Nord sont aussi touchées par ce phénomène. 

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