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Ils apportent leur pipe à crack et leur tire-bouchon au palais

Michaël Nguyen | Le Journal de Montréal

De 4000 à 6000 objets dangereux tels que couteaux, munitions ou ciseaux sont saisis chaque année aux arches de sécurité du palais de justice de Montréal, révèle une compilation du ministère de la Sécurité publique.

« Ça prend vraiment de l’éducation. Il faut apprendre aux gens qu’on ne peut pas rentrer au palais avec des objets qui peuvent servir d’arme », dit Frank Perales, président du syndicat des constables spéciaux du gouvernement du Québec.

Depuis 2016, ceux qui souhaitent se rendre au palais de justice de Montréal doivent passer un point de contrôle, comme à l’aéroport. Des gens se font confisquer des objets presque chaque jour.

Outre la drogue, au palmarès des objets confisqués figurent les ciseaux, les lames de rasoir et les couteaux suisses. Il y a aussi les fourchettes (586) ou encore les couteaux de cuisine (728). Plus d’une centaine de munitions ont été interceptées, ainsi que 15 imitations d’armes. Aucune arme à feu réelle n’a encore été saisie.

Mais les constables spéciaux saisissent aussi des objets parfois surprenants, tels que des lames dissimulées, et même une épée cachée dans une canne.

Pourquoi des roches ?

Ainsi, en 2017, une personne a dû se départir de trois grosses roches en passant le point de fouille. L’année d’avant, une personne a dû jeter un faux badge de police en entrant dans l’édifice de la rue Notre-Dame.

« Il y a des items tout à fait légaux, comme des ciseaux ou un tire-bouchon, mais qui peuvent causer des dégâts », explique le constable Perales.

D’autres objets combinés ensemble peuvent devenir une arme, comme une bouteille d’aérosol et un long briquet. Des articles anodins peuvent aussi être utilisés à mauvais escient, comme les goupilles d’extincteur (330 saisies depuis 2016).

La sécurité d’abord

« Nous sommes à l’affût de tout ça et nous sommes formés pour que les fouilles se fassent avec professionnalisme, explique le constable Perales. La clientèle est variée, il y a des accusés, des gens qui divorcent, d’autres avec des troubles psychiatriques... Tous doivent se sentir en sécurité ici. »

Il rappelle d’ailleurs que dans le passé, un locataire a déjà tenté de crever l’œil de son propriétaire, à la Cour d’appel.

– Avec Marie-Christine Trottier