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Labeaume qualifie un syndicaliste de «Bonhomme Sept Heures»

Jean-Luc Lavallée | Journal de Québec

exposition photographies

Simon Clark/Agence QMI

Nullement inquiet par la croisade des syndicats contre la loi 15 sur les régimes de retraite, Régis Labeaume ne s’attend pas à devoir débourser quoi que ce soit et qualifie même le syndicaliste Marc Ranger de «Bonhomme Sept Heures».

Ranger, qui est directeur du SCFP-Québec (Syndicat canadien de la fonction publique), affirmait dans nos pages, ce lundi, que cette saga juridique pourrait coûter «des milliards de dollars» aux villes québécoises, dans l’éventualité d’une victoire.

«Ouais, j’ai vu qu’il y a un Bonhomme sept heures qui est sorti... Non, je pense que l’Assemblée Nationale est souveraine. J’ai entendu ça lorsqu’on a négocié il y a deux-trois ans, c’est la même situation; pour moi, l’Assemblée Nationale est souveraine, il n’y a pas de souci», a répliqué le maire de Québec en marge d’un évènement culturel lundi après-midi.

Rappelons qu’une vaste coalition syndicale conteste la constitutionnalité de la loi 15, adoptée en 2014, laquelle prévoit entre autres un partage 50-50 des déficits des régimes de retraite et la non-indexation des rentres des retraités. Après 95 jours d’audience, le juge Benoît Moulin de la Cour supérieure a pris l’affaire en délibéré. Sa décision est attendue d’ici la fin 2019 ou au début 2020.

Aucun montant en réserve

La Ville de Québec n’a rien prévu dans ses réserves en prévision d’une défaite, nous a-t-on confirmé, puisqu’elle est incapable d’évaluer les sommes qu’elle pourrait être contrainte à rembourser.

Le maire, lui, déborde de confiance. «Non, non, regardez, ça ne sert à rien d’apeurer les gens quand ça n’existe pas. Les syndicats, c’est normal, c’est un baroud d’honneur, ils vont devant les tribunaux mais si ça existait, ça voudrait dire que la souveraineté de l’Assemblée Nationale est remise (en cause) dans à peu près la moitié des lois. Ça ne marche pas.»

Il n’est pourtant pas rare que la constitutionnalité d’une loi soit contestée devant les tribunaux. Au début du mois de septembre, à titre d’exemple, deux articles de la loi québécoise sur le cannabis (le volet sur la culture à domicile) avaient été invalidés par la Cour supérieure.

Interrogé au sujet de l’existence de précédents constitutionnels, le maire nous a dirigé vers le gouvernement provincial. «Allez voir le premier ministre, je pense que ça va être bien moins compliqué. Moi je suis juste le maire de Québec», a-t-il laissé tomber.