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L’aide aux devoirs se terminait dans son spa

Caroline Lepage | Le Journal de Montréal

Un médecin qui aidait un ado dans ses devoirs l’aurait régulièrement invité à finir ces soirées dans son spa, où il lui aurait fait des massages à caractère sexuel.

C’est ce qu’a raconté une présumée victime du médecin généraliste Vincent Simard, un trentenaire accusé d’agression et d’attouchement sexuels sur deux jeunes hommes, dont au moins un mineur, lors du procès qui a commencé lundi au palais de justice de Drummondville.

L’une des deux présumées victimes avait 9 ans lorsqu’elle a connu le Dr Simard, un médecin qui faisait partie, comme lui, d’une chorale de Drummondville. Un lien très fort s’est développé entre eux.

« C’était un grand frère, une idole. C’était très intense », a témoigné par vidéoconférence, lundi, l’adolescent pour lequel Simard était en position d’autorité lors des présumées agressions.

Aujourd’hui âgé de 17 ans, il a raconté à la juge Hélène Fabi que Simard, qui restait tout près de la maison familiale, allait le chercher à son école, trois à quatre fois par semaine.

L’adulte l’amenait chez lui pour souper et l’aidait dans ses devoirs de maths. Ils écoutaient ensuite des séries télévisées. Comme l’ado éprouvait des douleurs musculaires à cause de ses activités sportives, il demandait parfois au médecin de lui faire des massages.

Massage de fesses

La victime a raconté que Simard lui aurait souvent massé les fesses, assis sur le dos de ses cuisses. La plupart du temps, les soirées se terminaient dans le spa du docteur, qui massait les pieds de l’ado, à sa demande, mais remontait jusqu’aux cuisses.

« Il bifurquait et se rendait à mes parties génitales. [...] Il y avait un mouvement de va-et-vient, tout ça en me parlant tout bonnement. [...] Sa main était directement sur mon pénis », a-t-il décrit.

Selon la présumée victime, ces massages à caractère sexuel seraient survenus très fréquemment durant ses années de secondaire 1, 2 et 3, sans aucune protestation.

« J’étais figé »

« Sincèrement, j’étais figé. Au secondaire, j’étais très pudique. Je n’étais pas très à l’aise avec mon corps. J’étais incapable de réagir », a dit le jeune homme.

Au cours de cette période, Simard lui aurait même déclaré son amour et il aurait fait des crises de jalousie.

Plusieurs photos de l’ado étaient d’ailleurs encadrées dans la résidence de l’accusé, qui était aussi devenu un grand ami de la famille.

« Avec mes parents, la confiance s’est bâtie sur plusieurs années. Ça ne semblait pas les agacer, au début », a spécifié l’étudiant.

Des textos troublants venant du médecin ont toutefois motivé le père de la présumée victime à interdire tout contact avec son enfant, en juillet 2017.