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Procès Ugo Fredette: une chicane quatre jours avant le meurtre

Claudia Berthiaume | Journal de Montréal

Ugo Fredette et sa conjointe se seraient chicanés devant leur résidence quatre jours avant que celle-ci soit assassinée, au point où leur voisine s’est demandé si elle devait appeler la police.   

Véronique Barbe parlait fort et semblait très fâchée contre Ugo Fredette, a relaté ce matin Christine Gouin, qui réside dans la résidence voisine du couple, sur la rue Antoine-Séguin, à Saint-Eustache.  

La première témoin de la Couronne au procès pour double meurtre prémédité a ajouté avoir entendu un « bruit de claque » le soir du 10 septembre 2017, sans savoir qui aurait giflé qui.  

Fredette aurait ensuite répété à la victime de ne pas appeler la police.  

L’homme de 43 ans est accusé d’avoir tué sa conjointe et un aîné dont il aurait ensuite volé la voiture.  

Selon l’acte d’accusation, les deux victimes auraient été tuées le même jour, soit le 14 septembre 2017, respectivement à Saint-Eustache et à Lachute.  

Fredette subit actuellement son procès devant un jury composé de neuf hommes et trois femmes, au palais de justice de Saint-Jérôme.  

«Sidérés»

« On était sidérés, on s’est demandé : « on fait quoi ? » et on a décidé de rien faire », a mentionné Mme Gouin quant à la chicane qui semble encore la hanter deux ans plus tard.  

Plus tard cette nuit-là, la voisine a entendu Mme Barbe dire d’un ton exaspéré : « Lâche-moi, j’t’ai dit de me lâcher, laisse-moi tranquille ».  

Deux jours après cette chicane, Véronique Barbe serait allée cogner chez Mme Gouin pour s’excuser du brouhaha occasionné.  

La femme de 41 ans, mère de quatre enfants, lui aurait précisé qu’elle était surprise que personne dans le voisinage n’ait composé le 911.  

« Je lui ai dit que la prochaine fois que j’entendrais crier venant de chez elle, j’appellerais la police. On lui a fait la promesse », a soutenu Mme Gouin juste avant que son témoignage soit suspendu pour la pause du dîner.  

Quarante-huit heure après cette discussion, Véronique Barbe aurait été poignardée à 17 reprises, avec deux couteaux distincts.  

Le drame se serait déroulé sous les yeux d’un jeune enfant impuissant, que l’accusé aurait par la suite amené avec lui dans sa fuite.  

Moins d’une heure après avoir présumément tué sa conjointe, Fredette se serait rendu avec l’enfant de 6 ans dans une halte routière située à la jonction des routes 158 et 329, à Lachute.   

Battu à mort

À cet endroit, il aurait battu un homme de 71 ans dans le but allégué de lui voler son véhicule, selon ce qu’a relaté la Couronne dans son exposé d’ouverture la semaine dernière.  

L’accusé se serait ensuite débarrassé du corps d’Yvon Lacasse dans un boisé des Laurentides. La dépouille du septuagénaire n’a été retrouvée que six jours plus tard, dans un état de putréfaction avancée.  

Fredette aurait finalement été arrêté en Ontario le 15 septembre 2017, au terme d’une poursuite policière. Il était au volant du véhicule de l’aîné, selon la Couronne.  

Le procès présidé par la juge de la Cour supérieure Myriam Lachance doit durer deux mois, au palais de justice de Saint-Jérôme.  

La Couronne est représentée par Mes Steve Baribeau, Karine Dalphond et Alexis Marcotte-Bélanger, tandis que Me Louis-Alexandre Martin représente l’accusé.