/news/politics

Un nouveau commissaire à l’UPAC nommé au plus tard en octobre

Marc-André Gagnon | Le Journal de Montréal

Disant partager «l’impatience des Québécois» à la suite de nombreux reportages, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a annoncé qu’un nouveau commissaire à l’UPAC sera nommé au plus tard en octobre.

«Je peux vous dire qu’on devrait nommer un nouveau commissaire à l’UPAC, maximum, en octobre», a déclaré la vice-première ministre, lors d’un point de presse sur un autre sujet.

La ministre Guilbault a signalé qu’elle s’attend à recevoir, «très bientôt», une courte liste de recommandations de la part du comité de sélection. Un appel de candidatures avait été lancé le 20 juin dernier.

Le nom du candidat qui sera retenu sera ensuite soumis aux partis d’opposition, «qui pourront le rencontrer», a-t-elle souligné.

C’est la première fois que le processus de nomination dans le projet de loi 1 du gouvernement Legault sera mis à l’épreuve.

La désignation pour un mandat de sept ans du nouveau commissaire de l’Unité permanente anticorruption du Québec devra être officialisée par un vote aux deux tiers de l’Assemblée nationale. La ministre Guilbault espère un vote «à l’unanimité», pour «repartir sur de nouvelles bases».

Crise de confiance

À une semaine de la rentrée parlementaire, la pression s’accentue sur la ministre de la Sécurité publique.

L’UPAC est secouée depuis plusieurs mois par une sévère crise de confiance à l’égard du public. Incidemment, le grand patron de la Sûreté du Québec, Martin Prud’homme, a lui aussi été relevé temporairement de ses fonctions.

«On dirait qu’elle est dépassée par les événements et n’est pas en contrôle, écrivait lundi matin la critique péquiste en la matière, Lorraine Richard. Vivement la nomination d’un civil à l’UPAC et une vraie direction à la SQ.»

La ministre Guilbault a dit partager «l’impatience des Québécois » qui ont entendu « toutes sortes d’histoires» dans les médias.

Le dernier commissaire en poste à l’UPAC, Robert Lafrenière, a annoncé sa démission le 1er octobre dernier, jour d’élection générale au Québec.

L'UPAC est dirigée, depuis le 3 novembre 2018, par le commissaire par intérim Frédérick Gaudreau.

«La meilleure chose qu’on puisse faire pour l’UPAC, c’est de le doter d’un nouveau commissaire officiel», a indiqué Mme Guilbault.

Pas de fuite

La ministre de la Sécurité publique a par ailleurs nié qu’une fuite de documents soit à l’origine d’un reportage publié la semaine dernière par notre Bureau d’enquête.

«Il ne s’agit pas d’une fuite à proprement parler», a dit Mme Guilbault, en expliquant que ces documents devenaient disponibles dans le cadre d’une autre procédure judiciaire. Ils ont donc pu «circuler», a-t-elle observé.

Il n’y aura donc pas d’enquête sur une possible fuite, tel que réclamé par l’avocat Guy Bertrand, au nom de la lieutenante de la SQ Caroline Grenier-Lafontaine, qui travaillait à l’UPAC avant d’être relevée temporairement de ses fonctions le 28 février dernier.

Le document auquel référait l’article allègue qu’elle aurait fait en sorte de «d’orienter faussement l’enquête» qui a mené à l’arrestation du député Guy Ouellette, en octobre 2017.

«Je peux vous confirmer que ces documents-là ne viennent pas du ministère de la Sécurité publique», a assuré la ministre Guilbault.