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Une solution québécoise pour recycler le plastique?

Alain Laforest | TVA Nouvelles

Le plastique est devenu l’ennemi à abattre au Québec, comme partout dans le monde. Les images de millions de tonnes de contenants flottant à la dérive dans les océans sont devenues source de maux de tête pour les politiciens.

TVA Nouvelles a appris que le gouvernement du Québec accorde un prêt de 4,6 millions de dollars à Loop industries pour le développement de son usine pilote de Terrebonne. La compagnie a inventé un procédé qui permet de recycler les contenants de plastiques contaminés.

Le prêt de Québec va permettre à Loop de se développer plus rapidement. «Ça va nous permettre d’amener plus de technologies à Terrebonne à notre usine pilote qui va servir à démontrer la technologie pour nos partenaires mondiaux», explique son PDG, Daniel Solomita.

Le procédé Loop arrive à extraire les bases des déchets pour fabriquer du plastique recyclé. «Notre technologie est la meilleure pour récupérer du plastique PET, qui se trouve dans les bouteilles d’eau, les bouteilles de ketchup, mayonnaise, shampoing, savon et les fibres de tapis polyester qui servent dans les vêtements et les tapis», vante M. Solomita.

Une avenue pour la récupération?

En 2015, selon les données fournies par le cabinet du ministre de l’Environnement, seulement 18 % du plastique a été recyclé au Québec. Quelque 150 000 tonnes, soit plus ou moins 66 %, se sont retrouvées dans les sites d’enfouissements.

«Le plastique, on l’envoyait par bateau en Chine et en Indonésie. Là on est pris pour le garder, on est victime de notre insuccès», s’indigne le ministre de l’Économie.

«Je pense qu’on profite de ça pour pouvoir émerger les technologies, on peut développer une économie durable et créer de la richesse», soutient M. Pierre Fitzgibbon.

Son collègue de l’Environnement abonde dans le même sens. «Pour nous, c’est majeur, parce que lorsqu’on regarde les quantités de matières qui se retrouvent dans les centres d’enfouissements, on a encore beaucoup trop de plastique», déclare Benoit Charette.

La compagnie québécoise travaille avec des partenaires internationaux comme Coca-Cola, Pepsi et Danone. L’entreprise prévoit ouvrir une usine en Caroline du Sud en 2020 avec la technologie développée à son usine pilote de Terrebonne.

Le ministre de l’Économie regarde son développement avec intérêt. «L’assistance qu’on donne à l’entreprise, c’est d’accélérer son développement technologique. L’objectif ultime, c’est d’avoir une usine ici au Québec pour recycler notre plastique», affirme Pierre Fitzgibbon, une avenue que n’écarte pas la compagnie qui a dans ses cartons trois autres projets d’usines aux États-Unis, en France et à Montréal d’ici 2022.

Chaque usine permettrait de traiter 40 000 tonnes de plastique souillé par année, l’équivalent de remettre en circulation à l’infini quatre milliards de bouteilles, affirment les chercheurs de la compagnie.