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Une stratégie nationale contre le suicide réclamée

Agence QMI

Une vingtaine d’organisations œuvrant en prévention du suicide pressent le gouvernement de mettre en place des mesures pour s’attaquer à cette problématique alors que le nombre de personnes qui mettent fin à leur jour n’a pas diminué depuis 40 ans dans la province.

Surnommée «Le collectif pour une stratégie nationale en prévention du suicide», cette initiative compte entre autres dans ses rangs l’Union des producteurs agricoles du Québec et l’Ordre des psychologues du Québec.

À la veille de la 17e Journée mondiale de la prévention du suicide, ce rassemblement d’organisations rappelle que plusieurs moyens suggérés par l’Organisation mondiale de la santé et des experts québécois pourraient être appliqués ici, au Québec. Entre autres, il est recommandé de soutenir et promouvoir la Ligne québécoise de prévention du suicide 1-866-APPELLE, de faciliter l’accès à la psychothérapie et de contrôler l’accès aux moyens de s’enlever la vie.

Mais aucune stratégie de ce type n’est en place au Québec depuis 15 ans, déplore le collectif. Or, après l'implantation de mesures semblables en 1998, les taux de suicide avaient diminué de 4,1 % en moyenne par année pour les hommes, de 2,6 % pour les femmes, et de 9,5 % pour les jeunes, rappelle «le collectif» dans son plaidoyer.

«Les savoirs nécessaires à la mise sur pied d'une stratégie nationale efficace existent au Québec. Nous avons maintenant besoin de leadership, de mobilisation et d'investissements pour que notre expertise se traduise en actions concrètes. Il appartient au gouvernement du Québec d'exercer ce leadership actif», affirme la coprésidente du «collectif», experte en prévention du suicide et endeuillée par suicide, Lorraine Deschênes.

«Récemment, des histoires médiatisées de personnes qui se sont enlevé la vie ont révélé la nécessité d'améliorer notre système et de renforcer la prévention», souligne l’autre coprésident du «collectif» et père endeuillé par suicide, Michael Sheehan.

Chaque jour, au Québec, trois suicides ont lieu, ce qui représente le même nombre de victimes quotidiennes qu’il y a 40 ans, souligne «le collectif» sur son site internet. Aussi, on estime qu’environ 80 tentatives de suicide ont lieu tous les jours.

Membre du «collectif», l’Assemblée des Premières Nations du Québec-Labrador (APNQL) a insisté sur l’importance d’implanter une stratégie pour renforcer la prévention du suicide, une problématique qui touche particulièrement les populations autochtones de la province, en qualifiant la situation actuelle «d’intolérable».

«Nos populations, plus particulièrement les familles qui sont directement touchées par les trop nombreux cas de suicides, demandent des mesures fonctionnelles, adaptées et immédiates afin de prévenir ces décès, motiver le désir de vivre et promouvoir le sens de la vie. La situation est intolérable, nous assistons à un véritable drame humain. Les choses doivent changer immédiatement», a déclaré le chef de l’APNQL, Ghislain Picard, par voie de communiqué.

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