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Appel de la sentence de Bissonnette: la défense pourra présenter une nouvelle preuve

Nicolas Saillant | Journal de Québec

ARCHIVES/JOURNAL DE QUÉBEC

Les avocats du meurtrier de la mosquée de Québec ont obtenu la permission de présenter une nouvelle preuve vidéo de l’intérieur du lieu de culte qui démontre, selon eux, que Bissonnette ne visait pas les enfants lorsqu’il a tué six personnes. Un facteur aggravant qui a contribué à la sentence de 40 ans de prison ferme rendue par le juge.

Condamné à une peine de prison à vie sans possibilité de libération avant 40 ans le 9 février dernier, Alexandre Bissonnette a porté sa peine en appel. En prévision de cet appel, les avocats du tueur ont présenté une requête en présentation de preuve nouvelle.

Cette preuve nouvelle est en fait la vidéo d’une des cinq caméras qui montre l’intérieur de la mosquée au moment où Bissonnette fait son entrée et fait feu, le 29 janvier 2017. Cet angle de caméra montre l’une des victimes, Ahmed Ech-Chahedy, se cacher avec trois enfants alors que le tireur fait feu.

Bissonnette a «menti»

Cette victime avait réagi à un commentaire de Bissonnette qui avait dit à l’enquêteur lors de son interrogatoire qu’il avait «fait attention aux enfants lorsqu’il ouvrait le feu dans la salle de prière». M. Ech-Chahedy avait dit au juge François Huot que Bissonnette «jouait la comédie» lorsqu’il a affirmé cela, puisqu’il l’avait directement visé avec son arme tandis qu’il protégeait les enfants.

Selon les avocats de Bissonnette, l’angle de caméra vient démontrer que leur client ne visait pas M. Ech-Chahedy et les enfants. De plus, la preuve balistique démontre que les balles retrouvées près de l’endroit où se trouvaient ces victimes étaient en fait des «ricochets sur le plancher».

En direction de «bambins»

Dans sa décision, le juge Huot de la Cour supérieur avait dit croire «entièrement» M. Ech-Chahedy ajoutant que Bissonnette avait «menti» à l’enquêteur. Selon le juge, le tueur a tiré trois fois en direction de «bambins» sur le mur nord de la mosquée.

«Le juge de première instance a ainsi commis une erreur irrémédiable et imprévisible ayant eu une incidence sur la détermination de la peine», selon les avocats Charles-Olivier Gosselin et Jean-Claude Gingras. Le fait de viser des enfants lors de la tuerie a été considéré par le juge comme un facteur aggravant pris en compte pour durcir la peine historique de 40 ans.

Les trois juges de la Cour d’appel ont donné raison aux avocats de Bissonnette concernant la possibilité de présenter cette nouvelle preuve. Par contre, ce n’est que lors des auditions qui se tiendront à la fin janvier que les juges évalueront la qualité de cette preuve.

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