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La présence de chasseurs plus tôt va augmenter les risques

Stéphane Sinclair | Le Journal de Montréal

Harvey Young, un chasseur, Karol Tardif, une photographe amatrice, Steeve Charland, un chasseur, et Sarah Dwyer, une amante de la nature, dénoncent les nouvelles modalités de chasse dans les Laurentides en raison des risques pour la sécurité.

Harvey Young, un chasseur, Karol Tardif, une photographe amatrice, Steeve Charland, un chasseur, et Sarah Dwyer, une amante de la nature, dénoncent les nouvelles modalités de chasse dans les Laurentides en raison des risques pour la sécurité.

Des résidents des Laurentides dénoncent l’extension de la période de chasse dans leur région durant un moment prisé pour la cueillette et la randonnée dans les bois, car ils craignent pour leur sécurité.

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec (MFFP) a annoncé il y a une semaine qu’il allait permettre aux chasseurs d’utiliser leur arme à feu dès le 21 septembre pour une période de deux mois, afin de chasser le chevreuil sur le territoire de 27 municipalités au nord de Grenville-sur-la-Rouge.

Le temps de la chasse à la carabine a lieu normalement en novembre et s’échelonne sur deux semaines.

Réduire le cheptel

L’objectif du ministère est de réduire au maximum le cheptel sauvage de cervidés sur un territoire de 450 km2 autour de Harpur Farms, afin d’éviter la progression de la maladie débilitante chronique du cervidé (MDC), depuis qu’un premier cas a été découvert dans un troupeau de la compagnie en 2018.

« On ne sera pas en sécurité. C’est dangereux », dénonce Steeve Charland, un résident de Grenville-sur-la-Rouge et un chasseur depuis 25 ans.

Il explique que les feuilles et la végétation luxuriante de septembre vont nuire à la visibilité des chasseurs, donc à la sécurité de tous en cette période particulièrement populaire pour les cueilleurs de petits fruits, de champignons et les amateurs de randonnées pédestres.

Trop de gens en forêt

« Il y a beaucoup de monde en forêt à ce temps-ci de l’année. Beaucoup trop de monde pour permettre ça [la chasse] », soutient-il, faisant référence aux projectiles de longue portée qui seront tirés à l’aide de carabines.

C’est le cas de Karol Tardif, amatrice de randonnée qui adore admirer les couleurs en automne.

« Je n’irai pas me promener cette année. Je vais rester sur mon terrain. Je ne veux pas y risquer ma vie », lance celle qui demeure à Grenville-sur-la-Rouge.

Même son de cloche pour Sarah Dwyer, une citoyenne de Harrington.

« Je n’irai plus marcher dans le bois avec mon chien. Je vais rester sur la piste cyclable. C’est trop dangereux. »

La crise du cerf fou

En octobre 2018, l’Agence canadienne d’inspection des aliments a obligé l’entreprise Harpur Farms à abattre les 3200 cerfs rouges de ses élevages. Au total, 11 animaux ont été testés positifs à la MDC, qui est semblable à celle de la vache folle, mais qui n’a pas été transmise à l’être humain. Elle peut tuer une bête en quelques mois.

La chasse a été interdite ou encadrée sur un territoire de 400 km2 l’automne dernier, car le gouvernement du Québec craignait que la maladie du cerf fou se soit propagée à l’extérieur de l’enclos.

Aucun cas n’a cependant été recensé dans la nature jusqu’à maintenant.

Au début d’août, Le Journal révélait que les terrains de Harpur Farms n’avaient toujours pas été décontaminés et qu’ils ne le sont toujours pas à ce jour comme l’avait exigé le gouvernement en octobre.