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Les chauffeurs pressés font rager dans les rues de Québec

Elisa Cloutier | Journal de Québec

Le Journal a pu constater que les automobilistes ne respectent pas les limites dans les quartiers résidentiels de Québec. Sur la rue Labelle à Beauport, une zone de 30 km/h, un véhicule dépassait du double la limite de vitesse.

Simon Clark / Agence QMI

Le Journal a pu constater que les automobilistes ne respectent pas les limites dans les quartiers résidentiels de Québec. Sur la rue Labelle à Beauport, une zone de 30 km/h, un véhicule dépassait du double la limite de vitesse.

Les citoyens sont de plus en plus nombreux à protester contre les automobilistes qui ont le pied trop pesant dans les quartiers résidentiels de Québec, alors que les plaintes en ce sens sont en hausse depuis les deux dernières années.

C’est ce que révèlent des données obtenues par Le Journal grâce à la Loi sur l’accès à l’information.

Ainsi, depuis 2017, plus de 600 plaintes sont faites annuellement concernant la vitesse des automobilistes dans différents quartiers résidentiels des huit arrondissements de la ville de Québec.

Limite de vitesse revue à 40 km/h

Selon plusieurs témoignages de citoyens recueillis par Le Journal, l’administration Labeaume devrait forcer les automobilistes à ralentir dans les quartiers résidentiels, notamment en abaissant la limite à 40 km/h.

C’est ce que croient Suzy Pelletier et Denis Bourgeault, deux résidents de l’avenue de la Ronde, une artère qui a fait l’objet de quatre plaintes pour vitesse excessive depuis 2017.

«Sur un boulevard, c’est 50 km/h, mais ici, c’est une rue dans un quartier résidentiel, et la limite est la même», déplore Mme Pelletier, qui demeure dans cette rue depuis trois ans.

Selon les résidents, un panneau «Attention à nos enfants» ou des dos-d’âne devraient être installés dans cette rue pour ralentir la circulation.

Toutefois, même dans les zones de 30 km/h où de telles affiches sont bien en vue, Le Journal a pu constater que les automobilistes délinquants sont nombreux.

«Les gens perdent patience»

La situation s’est détériorée dans les dernières années, estiment les citoyens, surtout depuis que les travailleurs du futur mégahôpital se garent dans le stationnement prévu à cet effet sur la 41e rue.

«La lumière est tellement pas longue [en face du stationnement] que ça crée un gros bouchon. Les gens perdent patience et décident de couper par les petites rues. Ça passe en fou!», lance Mme Pelletier.

D’autres dans le secteur de Val-Bélair, en avaient aussi long à dire sur la vitesse des automobilistes dans leur quartier. Plusieurs résidents de la rue de l’Esplanade, où la limite est de 50 km/h, ont affirmé que celle-ci était «loin d’être respectée».

«Je n’ai jamais vu aucun enfant jouer dans la rue ici, c’est trop dangereux», affirme Francesca Vignola, qui demeure sur l’artère perpendiculaire à la route de l’Aéroport depuis 2004.

«Je clignote pour rentrer chez moi et je me fais dépasser par la gauche!», ajoute-t-elle. Depuis 2017, six plaintes ont été faites à la Ville pour cette artère.

Policiers aux aguets

De son côté, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) affirme faire des vérifications «fréquemment» relativement aux plaintes pour vitesse dans des quartiers résidentiels. En tout, quatre policiers sont affectés à la vérification des plaintes.

À la Ville de Québec, on soutient qu’au terme d’une «analyse approfondie» des mesures telles que l’élargissement d’un trottoir, l’ajout de marquages au sol et l’installation d’un îlot séparateur au milieu de la rue peuvent être aménagés, selon les cas.

Nombre de plaintes depuis 2017

2017 : 634

2018 : 676

2019 (janvier à juin) : 282

Source : SPVQ