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La pénurie de vétérinaires ralentit les activités d'un abattoir

Jasmin Dumas

 - TVA Nouvelles

La pénurie de main-d’œuvre se fait ressentir même chez les médecins vétérinaires, qui peinent à répondre à la demande. Les activités d’un abattoir de Racine, en Estrie, sont d’ailleurs considérablement ralenties à cause de cette problématique.

Après des mois de démarches administratives et de préparation sur le terrain, le nouvel abattoir de Racine débutait ses opérations mercredi. Les propriétaires ont investi près de 2 millions de dollars et rassemblé une équipe d’employés pour être en mesure de produire cinq jours par semaine.

Toutefois, le ministère de l’Agriculture est incapable de fournir à l’entreprise un médecin vétérinaire officiant à temps plein pour superviser les activités d’abattage. Les règles obligent cette présence. Devant cette situation, l’abattoir pourra opérer seulement deux jours par semaine.

«L’arrivée de cet abattoir est vraiment la bienvenue, la demande est là, a soutenu le président de l’UPA de l’Estrie, François Bourassa. Ce n’est pas normal que des gens investissent autant d’argent et qu’ils ne puissent pas opérer à pleine capacité. En plus, comment voulez-vous garder des employés dans ce contexte-là?»

La problématique a des impacts sur les producteurs bovins de la région, qui devront payer des coûts de transport pour faire abattre leur bétail ailleurs, ou qui retarderont l’abattage de leurs bêtes.

La pénurie de vétérinaires se fait ressentir également dans l’industrie laitière. «Très peu de vétérinaires décident de se consacrer aux bovins. C’est plus compliqué, il arrive souvent des urgences la fin de semaine, il faut trouver une solution», a mentionné le président des Producteurs de lait du Québec, Bruno Letendre.

Au Québec, on compte 2650 médecins vétérinaires. Treize pour cent d’entre eux travaillent auprès des animaux bovins et 5 % en inspection des aliments.

L’UPA l’Estrie propose au gouvernement d’alléger les règles et de permettre à des techniciens en santé animale d’agir comme inspecteurs.

«Que ça ne soit pas obligatoirement un médecin vétérinaire qui remplisse cette tâche. Ça pourrait très bien se faire, au même titre que des pratiques autrefois réservées aux médecins sont maintenant accomplies par des infirmières ou des pharmaciens», a suggéré François Bourassa.

«C’est une possibilité. Mais ça impliquerait un changement dans les lois qui régissent la pratique», a commenté la présidente de l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec, Caroline Kilsdonk.