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Les Québécois veulent que les partis s’attaquent au plastique

Marie-Ève Dumont | Le Journal de Montréal

Un sondage conclut qu’une majorité de Québécois souhaitent que les partis fédéraux s’attaquent au plastique dans l’alimentation et au gaspillage alimentaire, dans le cadre de la campagne électorale qui s’entame.

«C’est clair que les Canadiens s’attendent à ce que les gouvernements fassent quelque chose [pour le plastique à usage unique]. On a commencé à voir des solutions émerger dans l’industrie, mais il n’y a rien de complet», estime Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l’Université Dalhousie, qui a commandé cette étude dont «Le Journal de Montréal» a obtenu copie.

Le guide politique

Selon ce sondage mené par la firme Angus Reid Global le 9 septembre dernier, 54 % des Canadiens pensent que l’usage du plastique dans l’alimentation devrait attirer l’attention des partis durant la campagne fédérale officiellement lancée mercredi. Le pourcentage monte à 57 % chez les Québécois.

«Je suis de ceux qui pensent que c’est aux politiciens de nous guider un peu. Il ne faut pas juste faire quelques promesses, mais il faut [un plan complet]. Il faut nous dire ce qu’il faut faire avec les centres de tri, ce qu’il faut faire avec la matière, si on doit obliger les entreprises à utiliser les matières recyclées», énumère Sylvain Allard, professeur en design à l’UQAM, spécialisé dans les emballages.

L’enseignant ajoute que le plastique reste pour le moment un outil indispensable à la conservation des aliments.

Solutions au gaspillage

Le gaspillage alimentaire est également une préoccupation plus importante dans la province qu’ailleurs au Canada.

C’est 60 % des résidents de la Belle Province qui aimeraient que ce soit un sujet abordé par les partis contre 52 % dans le reste du pays.

«On parle beaucoup du gaspillage au Québec depuis longtemps, plus qu’ailleurs. Les Québécois veulent entendre parler de solutions», ajoute M. Charlebois.

Karel Ménard, du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets, se réjouit de voir que ces enjeux environnementaux font partie des préoccupations des Canadiens, alors qu’il y a 10 ans, ces sujets n’étaient sur les lèvres de personne.

«Je me souviens [il y a quelques années] quand on demandait l’interdiction des sacs de plastique à usage unique, on était considérés comme des extraterrestres. [...] Aujourd’hui, on est à un cran supérieur avec le plastique à usage unique, je suis content que la réflexion progresse chez les Canadiens», souligne-t-il.