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Aux premiers instants de sa campagne, Scheer s'affiche aux côtés d'une candidate pro-vie

Émilie Bergeron | Agence QMI

Andrew Scheer s’est affiché jeudi aux côtés d’une candidate conservatrice ouvertement pro-vie, alors qu’il participait au troisième événement de sa campagne électorale.

Pressé de questions, le chef conservateur a alors dû s’époumoner à répéter qu’il n’avait pas l’intention d’appuyer un projet de loi qu’un de ses députés pourrait présenter pour limiter le droit à l’avortement au Canada.

M. Scheer qui faisait campagne dans la région de Toronto s’est dirigé dès le début de la matinée pour tenir une activité avec sa candidate, Rachel Willson, qui est pro-vie et qui se présente dans York-Centre. Il en était à son troisième événement électoral depuis le lancement de sa campagne, mercredi, à Trois-Rivières.

«J’ai été clair. Je vais voter contre chaque mesure essayant de rouvrir ce débat», a dit M. Scheer  pendant le point de presse au cours duquel Mme Willson s’est tenue en retrait derrière lui.

Les libéraux avaient prévu le coup en relayant quelques heures plus tôt sur Twitter une vidéo de 2017 dans laquelle la candidate conservatrice se dit «choquée» qu’il n’y ait aucune loi limitant l’accès à l’avortement au Canada.

Pour les libéraux, la décision de M. Scheer de se présenter en compagnie de cette candidate est révélatrice.

«Vous lancez votre campagne torontoise aujourd’hui dans York-Centre  aux côtés de votre candidate antichoix », a souligné la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, qui se présente elle aussi dans la région de Toronto.

«Le débat sur l’avortement est-il vraiment clos, Andrew Scheer?», lui a-t-elle demandé.

M. Scheer est connu pour être un fervent catholique qui a, dans ses convictions personnelles, des réticences face à l’avortement.

Appelé à s’expliquer alors qu’il était en présence de Mme Willson, M. Scheer a insisté sur le fait qu’il n’y avait «rien de nouveau» dans sa position sur la question.

Agacé

Visiblement agacé, il a accusé les libéraux de tenter par tous les moyens de détourner l’attention des électeurs de l’affaire SNC-Lavalin, qu’il qualifie de «scandale de corruption».

«Je vais vous faire une prédiction : ils vont continuer à faire cela durant 39 jours parce qu’ils sont désespérés de passer à autre chose», a-t-il dit.

Ce n’est qu’à la fin du point de presse que Mme Willson s’est approchée du micro.

«Nous sommes le seul parti qui permet de voter librement sur cet enjeu de conscience morale, alors je suis reconnaissante envers notre chef», s’est-elle contentée de dire. Elle a refusé d’indiquer si elle avait l’intention de déposer un projet de loi pour limiter l’accès à l’avortement si elle est élue le 21 octobre.

L’événement visait à vanter la promesse de M. Scheer d’un crédit d’impôt sur les prestations parentales.

De son côté, le premier ministre Trudeau ne s’est pas gêné, en marge d’une annonce dans la capitale britanno-colombienne, pour rappeler sa position «sans équivoque» en matière d’avortement.

«Ma croyance profonde est que toute femme a le droit de choisir quand et avec qui commencer à fonder une famille, a-t-il dit depuis Victoria. Toutes les femmes au Canada devraient avoir accès aux services et aux droits reproductifs ainsi qu’à l’avortement.»

La stratégie des libéraux d’attaquer M. Scheer sur le front de l’avortement semble porter fruit, à en croire les résultats d’un sondage Léger publié dans les pages du «Journal» à la fin août.

En l’espace de deux semaines durant lesquelles les attaques de ce registre ont été multiples, le Parti conservateur a reculé de 4 % dans les intentions de vote au Québec.