/news/law

Des enregistrements troublants diffusés au procès Fredette

Claudia Berthiaume | Journal de Montréal

Lorsque Ugo Fredette a fui avec un enfant de 6 ans après avoir présumément tué sa conjointe, il souhaitait emmener le bambin aux chutes Niagara... pour le gâter.

«Y venait de vivre un traumatisme pis toute, moi j’voulais aller aux chutes du Niagara avec lui, le p’tit. J’y avais promis d’aller voir les plus grandes chutes du monde. Faque c’tait ça, c’est sûr que j’voulais l’gâter, qu’est-ce que tu veux j’te dise.»

Ces mots sont ceux d’Ugo Fredette, qui subit son procès pour meurtres prémédités, au palais de justice de Saint-Jérôme.

Ils sont tirés d’une conversation téléphonique avec ses parents qui a eu lieu quelques jours après son arrestation en Ontario, le 15 septembre 2017.

Fredette se trouvait alors à l’hôpital Civic d’Ottawa, surveillé par des policiers qui ont enregistré son appel.

La Couronne a fait entendre jeudi le contenu de cet échange au jury chargé du sort de Fredette. L’homme de 43 ans est accusé d’avoir tué sa conjointe Véronique Barbe dans leur résidence de Saint-Eustache, le 14 septembre 2017.

Deux enfants témoins

Deux enfants jouaient au sous-sol de la maison lorsque le drame s’est produit.

Un garçon de 9 ans a rapidement quitté les lieux après avoir vu la victime au sol en train de «respirer fort». Fredette a fui avec le second bambin, âgé de 6 ans.

Une alerte Amber avait été déclenchée.

Les enquêteurs ont prélevé des échantillons d’un liquide rouge s’apparentant à du sang trouvé au sol près du F250 abandonné par Ugo Fredette, à la halte routière située à la jonction des routes 158 et 329, à Lachute, avant de partir avec un Honda CRV.

L’accusé aurait par la suite battu à mort un aîné dont il a volé le véhicule.

L’enfant aurait aussi assisté à ce second meurtre présumé puisqu’il avait des traces de l’ADN des deux victimes sur ses vêtements lorsqu’il a été trouvé, a déclaré la Couronne.

Lors de la conversation que Fredette a eue avec ses parents Michel Fredette et Claudette Blouin, sa mère l’a questionné pour savoir si le bambin avait vu Véronique Barbe rendre son dernier souffle.

- Y’était là quand ça s’est produit, y’a tout vu.

- Non, c’pas vrai !

- Oh oui.

- Y d’vait crier en tabarnouche

- Pas en tabarnouche là, [...] y pensait que c’était un film.

«C’est toi l’tueur»

Dans cette même conversation, la mère d’Ugo Fredette l’informe que beaucoup de gens auraient fait des commentaires désobligeants à son endroit sur Facebook.

«Ugo, c’est toi l’tueur là-dedans, le sermonne Mme Blouin. T’sais, toi, t’es l’méchant, mais y savent pas toute c’que Véronique a fait avant, là.»

L’accusé a quant à lui affirmé à sa mère que sa conjointe l’aurait menacé de mort devant l’enfant et que «c’pour ça qu’ç’a mal tourné».

Le procès présidé par la juge Myriam Lachance se poursuit aujourd’hui.