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Fin de carrière abrupte pour un infirmier qui a violé une patiente

Kathryne Lamontagne | Journal de Montréal

Gracieuseté

La « sanction ultime qui ne doit être réservée et imposée qu’aux cas les plus graves » en matière de déontologie a été ordonnée envers Marc Voisine, mettant ainsi fin officiellement à sa carrière.

« La nature de l’infraction, le contexte, les circonstances et la gravité objective de celle-ci font en sorte que le Conseil n’envisage aucune autre solution que de l’exclure définitivement de la profession », écrit le Conseil de discipline de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) dans sa décision rendue le 6 septembre.

Un infirmier risque sa carrière pour avoir violé une patiente

Les faits reprochés remontent au mois de février 2017, alors que Marc Voisine travaillait en tant qu’infirmier au dispensaire de Port-Meunier, à l’île d’Anticosti.

Lors d’une première consultation pour obtenir une prescription, il a notamment détaché le soutien-gorge de sa cliente, en plus de « tâter ses seins ».

Quelques jours plus tard, il avait une « relation de nature sexuelle » avec cette même patiente, qui venait le consulter pour des ennuis d’ordre gynécologique.

Après lui avoir demandé de retirer son pantalon et sa culotte, « il la regarde se déshabiller et ne lui offre pas de jaquette [...] M. Voisine lui a ensuite coincé les pieds dans les étriers avant de la violer », relate le jugement.

L’ex-infirmier, qui est le frère du chanteur Roch Voisine, se serait ensuite servi de la notoriété de sa famille pour convaincre la victime de garder le silence. En vain.

En plus de l’OIIQ, la police a été interpellée dans cette affaire. Notons que M. Voisine ne fait face à aucune accusation criminelle actuellement.

Protéger le public

Qualifiant les gestes posés d’« odieux », le Conseil précise que cette sanction permet de protéger le public et les personnes vulnérables « des gestes abusifs à caractère sexuel d’un individu, comme M. Voisine, qui usurpe ses fonctions d’infirmier et ternit l’image de sa profession uniquement pour satisfaire ses propres besoins ».

Marc Voisine n’a nullement collaboré à l’enquête. Il ne s’est pas présenté à l’audience de culpabilité ni à celle de sanction. Dans un courriel transmis au Greffe de discipline de l’Ordre, « il clame son innocence » et fait porter le blâme sur la « supposée victime ».

Pas de repentir

« M. Voisine n’exprime aucun remords dans les courriels qu’il achemine au Conseil avant et après l’audition sur culpabilité, bien au contraire », souligne le conseil.

« L’attitude méprisante de M. Voisine par rapport au processus disciplinaire, le fait qu’il rejette le blâme sur sa cliente et son absence d’introspection militent en la révocation de son permis. »

Marc Voisine pratiquait depuis mars 1989. Il n’était plus inscrit au tableau de l’Ordre en décembre 2017.

 

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