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Coupable d’avoir tué sa belle-mère à cause d'une facture

Michal Nguyen | Journal de Montréal

PHOTO D'ARCHIVES

Un Montréalais qui a poignardé à mort sa belle-mère lors d’une dispute avec sa femme a coupé court à son procès jeudi en plaidant coupable à une accusation d’homicide involontaire, sous le regard déchiré de ses enfants.

«Ma grand-mère était une grande dame, libre et émancipée... C’est une tragédie, mais malgré tout, mon père reste mon père, ma mère reste ma mère... J’implore le tribunal d’apporter de l’aide à mes deux parents», a lancé le plus jeune fils de Zine Elabidine Hajouji Idrissi, au palais de justice de Montréal.

Assis dans le box des accusés, l’homme de 74 ans peinait à contenir ses larmes durant le témoignage de ses enfants sur les conséquences du drame, survenu dans la maison familiale le 21 juin 2016.

Dispute

Ce jour-là, une dispute à propos d’une facture avait éclaté entre Hajouji Idrissi et son épouse des 46 dernières années, Fatima Saoud. La mère de celle-ci, Zahra Allalou, habitait la résidence.

À un moment, l’accusé est monté à l’étage pour prier. Mais quelques minutes plus tard, il est redescendu afin d’aller chercher un couteau, avant de se diriger vers le sous-sol pour s’en prendre à sa belle-mère.

«Il la pousse sur le lit et la poignarde de plusieurs coups de couteau qui atteignent la tête, le corps et les membres supérieurs de Mme Allalou», peut-on lire dans le résumé conjoint des faits.

Le juge André Vincent a qualifié l’atta­que de «sauvage», tout en qualifiant le geste «d’absurde», d’autant plus que l’accusé, un informaticien retraité, a toujours mené une vie rangée.

Douleur encore vive

En plaidant coupable d’homicide involontaire, l’accusé a ainsi épargné à ses enfants la douleur de voir leur père subir un procès pour la mort de leur grand-mère.

«Ça aide notre famille qui est très atteinte [par le drame]», a d’ailleurs témoigné un de ses fils.

Une fille de l’accusé a rappelé à quel point sa grand-mère était une bonne personne, tout en louangeant ses parents d’avoir tout fait pour aider leurs enfants dans la vie.

Mais pour Mme Saoud, la douleur d’avoir perdu sa mère est loin de s’être estompée.

«J’ai vu de mes propres yeux ma mère tuée et depuis, je n’ai plus de vie, les années ne changent rien ; ma mère, c’était ma seule famille, je n’ai personne d’autre», a-t-elle dit sans jamais prononcer le nom de l’accusé, le désignant comme «lui», «il» ou «monsieur X».

La tête basse, Hajouji Idrissi n’a pas pu contenir ses larmes face à tous ces témoignages.

Incompréhension

«Je n’arrive pas à comprendre ce qu’il s’est passé, je n’arrive pas à l’accepter», a pour sa part affirmé l’accusé, exprimant ses remords pour son geste fatal.

À la suggestion des parties, Hajouji Idrissi a écopé de 10 ans de pénitencier. Il était défendu par Mes Andrew Barbacki et Jordan Trevick, tandis qu’Éric de Champlain et Sarah Sylvain Laporte officiaient pour la Couronne.