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Incapable d'être reconnue par son assureur: une femme malade doit vivre de l'aide sociale

Katia Laflamme | TVA Nouvelles

Une femme de Rimouski atteinte d’une rare maladie de la peau doit se battre pour obtenir ses prestations d'assurance collective, mais dans l'attente, elle a dû se résigner à demander l'aide sociale.

«C’est complètement humiliant, c’est la pire chose qui a pu m’arriver depuis le début» a confié Julie Denis-Bélanger, qui soutient avoir toujours travaillé depuis qu’elle a 17 ans.

En février dernier, l'aide-optométriste a commencé à souffrir de douleurs à un orteil. La situation dégénère et après une hospitalisation et de multiples rendez-vous avec des spécialistes, le verdict tombe : c’est la sclérodermie localisée; la présence de collagène et d'autres protéines en quantité excessive dans la peau cause alors son épaississement et son durcissement.

En arrêt maladie depuis mars, elle a dû se résigner à demander l'aide financière de dernier recours.

Pourtant, Julie Denis-Bélange a une assurance collective avec son employeur. Or, depuis le diagnostic, elle se bute à de nombreuses embûches avec sa compagnie d’assurance, Industrielle Alliance. Ses médecins et son employeur ont dû répondre aux nombreuses questions de l’assureur, sans parler des innombrables formulaires à remplir.

Selon elle, son assureur tente de prouver qu’elle était malade avant, «comme un vice caché».

Elle affirme n’avoir jamais eu à remplir de documents sur son historique médical lorsqu’elle a souscrit à cette assurance.

Malheureusement, elle n’est pas la seule à vivre ce cauchemar.

«40% des nouvelles demandes d’aide sociale viennent de travailleurs qui n’ont pas accès au chômage ou dont leurs prestations sont terminées » a affirmé Michel Dubé, de l’organisme Action populaire Rimouski-Neigette.

L’intervenant de l’organisme qui vient en aide aux plus démunis dans la région milite pour que les prestations de maladie de l'assurance-emploi passent de 15 à 52 semaines.

« Combien il y a de travailleurs au Canada qui vont développer un cancer ou la sclérodermie comme Julie. Dans le cas de Julie, elle n’avait même pas eu le temps de recevoir son diagnostic que ces prestations maladie étaient terminées» s’est insurgé Michel Dubé.

Dans l'attente d'une décision de son assureur, Julie Denis-Bélanger doit donc vivre avec 669$ par mois.

La compagnie Industrielle Alliance n’a pas rappelé TVA Nouvelles.