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On lui refuse l’aide médicale à mourir

TVA Nouvelles

Un homme du Lac-Saint-Jean s'est vu refuser l'aide médicale à mourir par son médecin prétextant des convictions religieuses.

C'est le printemps dernier que Jean Racine, 69 ans, a appris qu'il était en fin de vie. Un cancer incurable s'est attaqué à son corps.

«Un cancer de la prostate qui, jusqu'à l'automne dernier, était quasiment rendu à zéro, mais qui est redevenu fulgurant, puis qui a eu des métastases qui sont allées dans les os», relate son fils Stephan Racine.

Devant les douleurs insoutenables, il a demandé à son médecin l'aide médicale à mourir, mais celui-ci a refusé.

«De ce que j'en comprends, c’est que le médecin, dans ses convictions à lui, n'était pas d'accord avec ça, explique le fils de Jean Racine. Il ne voulait plus le faire. Et plutôt que de le référer à un autre médecin, il a juste dit: "Moi, je peux pas le faire."»

Une situation jugée inacceptable par le docteur Alain Nault, du CHU de Québec.

«Les lois sont très claires et les codes de déontologie sont très clairs: on ne peut pas imposer notre objection de conscience à un malade et encore moins à un malade qui est souffrant et qui est en fin de vie», soutient M. Nault.

Incapable de souffrir davantage, Jean Racine, a donc demandé qu'on le plonge dans un coma artificiel.

«Il a dit: "Eh bien, endors-moi, d'abord", précise Stephan Racine. Et c'est ce que le médecin a fait, il l'a endormi, il l'a mis en coma artificiel. Mais il n'a jamais eu droit à l'aide à mourir.»

Et le fils n'a même pas eu le temps de dire au revoir en personne à son père.

«La colère et comment il a réagi a fait que tout est allé en accéléré, raconte-t-il. Et là, ma tante m'appelait pour me dire qu'il fallait que je parle à mon père. Moi, j'étais au travail, j'ai appelé mon père et mon père, rapidement, m' a dit: "Bonne vie, mon gars. C'est là qu'on arrête tout ça et bonne chance dans ton restant de vie. Je t'aime."»

Jean Racine est finalement décédé le 14 juin dernier, soit cinq jours après avoir été plongé dans le coma. Le problème, c'est qu'en ce moment, on remarque que l'accessibilité pour l'aide médicale à mourir diffère d'une région à l'autre.

«Il y a des refus qui sont légitimes, mais il y a aussi des refus qui sont injustifiés», clame Dr Alain Nault.

Stephan Racine espère que les mentalités évolueront pour que tout le monde ait accès à une fin de vie dans la dignité.

«De pouvoir se retrouver en famille, c'est un moment qu'on peut avoir et qu'on s'est fait enlever», conclut M. Racine.