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Sécurité nationale : le directeur général du renseignement de la GRC arrêté

Agence France-Presse

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JOEL LEMAY/AGENCE QMI

La police fédérale canadienne a annoncé vendredi l'arrestation d'un de ses membres, un haut responsable du renseignement accusé d'avoir volé des documents sensibles pour un État étranger selon les médias canadiens.

Cameron Ortis fait face à cinq chefs d'accusation en vertu du Code criminel du Canada et de la loi sur la protection de l'information liée à la sécurité nationale, notamment contre l'espionnage étranger, a indiqué la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans un communiqué.

Il a été arrêté jeudi à Ottawa, capitale nationale où sont établis les sièges des agences de sécurité et de renseignement, et a été présenté à un juge vendredi qui l'a formellement inculpé, a indiqué à la presse le représentant de l'accusation John MacFarlane.

Cameron Ortis doit comparaître devant la justice vendredi prochain, a-t-il précisé. D'ici là, il a été placé en détention préventive.

«Les allégations sont qu'il a obtenu, stocké et traité des informations sensibles avec l'intention de les remettre à des gens avec lesquels il n'aurait pas dû communiquer», a ajouté Me MacFarlane à la sortie de la cour d'Ontario.

Selon la chaîne Global, citant des sources de sécurité, M. Ortis était directeur général du renseignement à la GRC et contrôlait à ce titre les opérations de contre-espionnage.

«Je peux vous dire que les autorités prennent ça extrêmement au sérieux», a déclaré en marge d'un rassemblement électoral le premier ministre Justin Trudeau, qui brigue un deuxième mandat à la tête du Canada.

Plus loquace, le chef conservateur Andrew Scheer s'est déclaré «préoccupé par l'arrestation d'un agent du renseignement de la GRC qui a divulgué des informations sur la sécurité nationale».

«C'est un rappel de la menace posée par les acteurs étrangers», a affirmé M. Scheer, qui est à égalité dans les sondages avec le premier ministre sortant.

Selon Global, qui a révélé l'affaire, la police fédérale craint qu'il n'ait volé «d'importantes quantités d'informations, ce qui pourrait compromettre nombre d'enquêtes».

Des sources non identifiées ont précisé à cette chaîne qu'il s'agissait d'une «grave affaire d'espionnage», d'autant que le Canada est membre de la puissante alliance de renseignement dite des «Five Eyes», avec l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Grande-Bretagne et les États-Unis.

Il avait été le plus haut conseiller sur les questions de sécurité nationale de Bob Paulson, ancien chef de la GRC parti à la retraite en juin 2017.

Sur le réseau social professionnel LinkedIn, le compte d'une personne dénommée Cameron Ortis indique qu'il travaille pour le gouvernement du Canada depuis 2007 après avoir obtenu un doctorat de sciences politiques à l'université de Colombie-Britannique, où il a également décroché un diplôme d'administrateur système Internet.

Ce compte LinkedIn signale en outre qu'il connaît le mandarin, la principale langue parlée en Chine, pays avec lequel Ottawa traverse une crise diplomatique inédite.

«Les accusations sont liées à des activités qui auraient eu lieu pendant la durée de son emploi à la GRC», a ajouté la police fédérale, qui s'est refusée à tout autre commentaire pendant que l'enquête se poursuit.

Il est notamment visé par un article de loi punissant quiconque communique ou confirme «des renseignements opérationnels spéciaux», de façon intentionnelle et sans autorisation, alors qu'il est astreint au «secret à perpétuité».