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Un décret de Fitzgibbon fait craindre des dérives et des dérapages à Investissement Québec

Alexandre Robillard | Le Journal de Québec

archives, Agence QMI

L’opposition libérale et un syndicat dénoncent l’opacité créée par le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon autour d’Investissement Québec.

La porte-parole en matière d’Économie, Dominique Anglade, accuse M. Fitzgibbon de vouloir cacher des informations sur les effectifs de la société d’État. «La façon de faire de ce ministre, c’est toujours de cacher des informations», a-t-elle déclaré en entrevue avec notre Bureau d’enquête.

M. Fitzgibbon a fait adopter cet été un décret qui soustrait IQ à l’application de la majorité des articles de la loi sur le contrôle des effectifs.

La société d’État pourra cesser de publier les chiffres détaillés sur son nombre d’employés. Des verrous sur le recours aux consultants externes ont également été éliminés.

Cela survient dans le contexte où M. Fitzgibbon a déposé un projet de loi qui ferait doubler le nombre d’employés à IQ, avec la fusion de plusieurs services qui font actuellement partie du ministère de l’Économie.

Dérapages

Selon Mme Anglade, au cours des derniers mois, M. Fitzgibbon a manqué de transparence à plusieurs reprises concernant les affaires d’IQ. Il a permis à l’ex-pdg de ne pas se présenter devant les députés pour expliquer sa gestion. Il a ensuite dissimulé l’augmentation salariale du nouveau dirigeant d’IQ, Guy LeBlanc.

«Là, c’est le comble, on met un décret pour cacher de l’information à la population. Je trouve ça absurde et inacceptable», a soutenu Mme Anglade.

Mme Anglade réclame l’annulation du décret, qu’elle juge injustifié.

«Pourquoi partager de l’information nuirait-il à Investissement Québec?», demande-t-elle.

À défaut de l’annuler, Mme Anglade craint «une augmentation significative des effectifs».

«Il peut y avoir des dérapages qu’il faut absolument éviter», soutient la députée, qui est candidate à la course à la direction du Parti libéral du Québec.

Dérives

Le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) souligne que le décret ouvre la porte à plus de sous-traitance.

Son président, Christian Daigle, juge que ces changements sont prématurés, alors que le projet de fusion n’a pas encore été étudié par les députés.

«On doit mettre en place la structure nécessaire avant d’enlever tous les verrous pour donner la possibilité d’aller à l’externe. Pour nous, c’est très préoccupant», dit-il en entrevue.

L’opacité créée par le décret fait redouter des accrocs dans les pratiques de gestion, souligne M. Daigle.

«Quand on enlève tous les verrous, on ouvre la porte à des dérives, du favoritisme, des nominations partisanes», affirme-t-il.

Temporaire

Dans une conférence de presse en clôture d’une réunion de ses députés à Rivière-du-Loup, le premier ministre François Legault a défendu la décision de M. Fitzgibbon. «C’est une proposition qui est temporaire, le temps de la réorganisation», a-t-il dit.

M. Legault a confié qu’il faudra embaucher davantage d’employés pour «faire du démarchage au Québec et à l’étranger».