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Une municipalité prête à sacrifier des quartiers pour éviter d’autres inondations

Yves Poirier | Agence QMI

Près de cinq mois après les inondations historiques, le visage de la petite municipalité de Saint-André-d’Argenteuil dans les Laurentides pourrait radicalement changer.

Il y a des villes comme Sainte-Marthe-sur-le-Lac qui optent pour des digues monstres. D’autres sont prêtes à sacrifier des quartiers complets et à relocaliser les citoyens pour leur éviter d’autres ennuis financiers et psychologiques.

Les inondations de 2017 et 2019 sont la goute qui a fait déborder le vase pour le retraité de Saint-André-d’Argenteuil, Serge Bellemare, qui a commandé, vendredi, la démolition de sa maison en bordure de la rivière du Nord, un emplacement de rêve.

Une quarantaine de maisons ont connu ce sort en 2017. Une quinzaine disparaîtront cette année. Probablement une centaine au total, à long terme. Ce sont des quartiers complets qui seraient appelés à disparaître dans les secteurs de la Terrasse Robillard, de la Baie de Carillon et de la rue Fournier.

Le maire Marc-Olivier Labelle a commencé à rencontrer un à un les citoyens pour leur soumettre ce projet pilote qui vise à redonner aux rivières leur espace de liberté en relocalisant les citoyens ailleurs dans la municipalité. Une idée applaudie par certains résidents :

«Quand j’étais jeune, à quatre ou cinq ans, je faisais du ski nautique ici, raconte un citoyen. Il n’y avait aucune maison, seulement des chalets sur pilotis. Ça aurait dû toujours rester des chalets sur pilotis.»

À Saint-André-d’Argenteuil, on a recensé 247 maisons touchées par les inondations du printemps dernier. Les sinistrés qui démolissent les maisons et qui abandonnent les terrains souhaitent bénéficier du dédommagement pouvant aller jusqu’à 250 000$ du gouvernement Legault.