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«Le chardonneret»: pas d’envolée

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI

 - Agence QMI

Jaime Espinoza/WENN

Il est bien dommage que l'adaptation du roman à succès «Le chardonneret» de Donna Tartt, avec Ansel Elgort et Nicole Kidman, ne génère aucun sentiment.

Avec ses 149 minutes, le long métrage est lourd et inutilement touffu. En effet, le scénariste Peter Straughan a cru bon de déstructurer l'oeuvre littéraire, qui suit un ordre chronologique.

Dans le film, le spectateur est catapulté à Amsterdam, où Théo (Ansel Elgort) lave une chemise tachée de sang dans une chambre d’hôtel. Puis, direction New York, où le jeune Théo (Oakes Fegley) tente, après une tragédie, de s’intégrer à la famille Barbour (Nicole Kidman incarne la mère).

La tragédie, le nœud du «Chardonneret», n’est dévoilée que peu à peu. Une bombe explose au Metropolitan Museum of Art de New York lors d’une visite de Théo et sa mère. Cette dernière est tuée dans l’attaque terroriste, son fils survit et s’empare, à la demande d’un mourant, d’un tableau de Carel Fabritius, «Le chardonneret».

Recueilli par les Barbour, Théo peut aussi compter sur le soutien de Hobie (Jeffrey Wright), un antiquaire qui lui a été référé par le mourant du musée. C’est d’ailleurs là qu’il retrouve Pippa (Aimee Laurence), adolescente à côté de laquelle il se tenait lors de l’explosion. La suite se déroule avec des allers-retours dans le passé, l’adolescent étant récupéré par un père (Luke Wilson) et sa petite amie (Sarah Paulson, qui étend encore son registre), puis emmené à Las Vegas, où il devient ami avec Boris (Finn Wolfhard).

Le tout s’étire devant les caméras de John Crowley, qui nous a pourtant livré le très bon «Brooklyn». Sans nuances, sans que le spectateur ressente le déchirement du garçon puis la culpabilité du jeune homme, l’intrigue se dénoue peu à peu. Et ce qui aurait pu (et dû) être une étude psychologique fascinante ne devient, malgré des acteurs irréprochables, qu’un long pensum ennuyeux qui n’en finit pas de finir.

Note: 2,5 sur 5