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Le maire d’une petite ville défend sa paie de 173 000 $

Sarah-Maude Lefebvre, Philippe Langlois et Andrea Valeria | Bureau d'enquête

Sa ville ne compte peut-être que 22 171 habitants, mais le maire de Saint-Lin-Laurentides trouve qu’il mérite amplement son salaire, similaire à celui de Régis Labeaume, à la tête de la capitale nationale du Québec.

L’an dernier, Patrick Massé a touché une rémunération de 173 098 $, à peine 1300 $ de moins que son collègue maire de Québec.

Combien gagnent vos élus?

Selon M. Massé, il s’agit là d’une « situation exceptionnelle » puisque le remplacement temporaire du préfet de sa municipalité régionale de comté a occasionné une augmentation de 30 000 $ sur sa paie.

Néanmoins, loin de lui l’intention de cacher son salaire ou d’en être gêné. Sa rémunération globale de 2018 est « juste », compte tenu du travail accompli.

«Je faisais de 80 à 90 heures par semaine, se rappelle-t-il. Je connais ma charge de travail. [...] Ici, on a une petite équipe de travail qui nécessite une grande implication du maire».

7 jours sur 7

«C’est du sept jours sur sept. Les soirs, il y a aussi souvent des assemblées citoyennes, des consultations, etc. On a des activités presque toutes les fins de semaine depuis qu’on est en poste, soit environ six ans. Mais c’est un choix. Je suis heureux de ça», assure-t-il.

Selon Patrick Massé, la population connaît peu le travail des élus municipaux et sous-estime généralement la quantité de travail liée à la fonction de maire.

Lui-même, lorsqu’il a quitté le domaine de l’automobile pour plonger en politique municipale, en a été surpris.

«Tu n’as pas de répit comme maire. Tu veux toujours t’assurer que tout fonctionne bien pour l’ensemble des citoyens qui t’ont élu. Je m’y attendais. Mais pas à ce niveau-là. Je ne pensais pas en toute honnêteté que ça serait autant d’heures de travail», dit-il.

Questionnement normal

Le maire Massé avoue qu’il comprend pourquoi des citoyens peuvent se questionner sur la rémunération des maires, qui peut s’avérer complexe au palier municipal.

«En plus, on part de loin comme élus. On n’a pas toujours eu bonne presse. C’est important de remettre les pendules à l’heure et de dire qu’on travaille, qu’on fait bien ça et qu’on est rémunérés selon notre charge de travail.»