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Massive Attack: pure magie au Centre Bell

Mélissa Pelletier | Agence QMI

Entre rythmes hypnotisants et magnifiques projections, Massive Attack a prouvé aux 7270 spectateurs du Centre Bell, samedi, que ça avait valu le coup d’attendre plus longtemps que prévu sa tournée «Mezzanine XXI», retour sur son iconique troisième album.

Dire que le spectacle de Massive Attack était attendu serait un grand euphémisme. Il faut savoir que le groupe britannique instigateur de la musique trip hop, qui avait dû annuler son spectacle le 11 mars dernier à la Place des Arts, n’avait pas foulé le sol montréalais depuis 2010. L’excitation du public était palpable à l’idée d’entendre les pièces de «Mezzanine» sorti en 1998, qui en plus de créer plusieurs brouilles sur la direction artistique au sein du groupe, a encore aujourd'hui des airs de légende.

Sur le coup de 20 h 50, Robert Del Naja - alias 3D - et Grant Marshall - alias Daddy G - ont lentement pris place devant un grand écran blanc, calmant automatiquement l’audience qui ne s’était pas gênée plus tôt pour les appeler à grands coups de sifflements et de cris. Pas question de faire du bruit pendant un spectacle de Massive Attack: c’est plutôt une écoute quasi religieuse qui est de mise.

Le groupe a surpris en débutant avec «I Found A Reason» de The Velvet Underground devant d’efficaces projections vidéos créées en collaboration avec les artistes Mario Klingemann et Adam Curtis. Même si les pièces de «Mezzanine» datent, Massive Attack ne s’est pas empêché d’évoquer le présent sur les trois écrans disposés derrière la scène à coups de phrases, comme «Dire qu’on pensait que les données allaient nous libérer», et de clins d’oeil à la culture YouTube, par exemple.

Les notes de «Risingson» se sont fondues dans l’efficace reprise, au grand plaisir de la foule qui s’est doucement mise à dodeliner de la tête. Loin de se plonger directement dans les grands succès peuplant «Mezzanine», Massive Attack a décidé de revisiter «10:15 Saturday Night» de The Cure, avant d’inviter le légendaire Horace Andy à interpréter «Man Next Door». Superbe.

L’artiste n’est d’ailleurs pas le seul qui s’est joint à ce magnifique concert. Le groupe britannique a ensuite accueilli Elizabeth Fraser, membre de Cocteau Twins, pour entonner avec sa superbe voix la pièce «Black Milk». Place ensuite à la chanson titre de l’album, «Mezzanine» qui s’est mérité des applaudissements nourris des spectateurs.

Au moment d’écrire ces lignes, le groupe britannique devait encore s’attaquer aux iconiques pièces «Angel», «Teardrop» et «Group Four».