/news/culture

«Official Secrets»: traître ou patriote?

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI

En 2003, Katharine Gun (Keira Knightley) transmet un mémo envoyé par la NSA américaine aux agents des services de renseignements britanniques. Elle tente ainsi d’arrêter les velléités guerrières des États-Unis, qui souhaitent envahir l’Irak.

Mis en scène par Gavin Hood («Tsotsi») d’après un scénario qu’il a coécrit avec Sara et Gregory Bernstein à partir de l’ouvrage «The Spy Who Tried to Stop a War: Katharine Gun and the Secret Plot to Sanction the Iraq Invasion» de Marcia et Thomas Mitchell, «Official Secrets» raconte une histoire vraie.

Katharine Gun (Keira Knightley, efficace) est employée aux Government Communications Headquarters (GCHQ), le service de renseignements électroniques britannique depuis deux ans. Elle est chargée d’écouter des conversations en mandarin, puis de faire son rapport si elle entend quelque chose de suspect.

Un jour, elle découvre un courriel émanant de la NSA qui demande aux agents britanniques d’espionner les représentants de certains pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU afin d’obtenir la garantie d’un vote en faveur de la guerre contre l’Irak. Opposée à ce conflit armé, Katharine Gun ne peut rester silencieuse. Elle décide donc de donner le mémo à l’une de ses amies, lequel courriel se retrouvera entre les mains du journaliste Martin Bright (Matt Smith) de l'«Observer», quotidien qui publiera ce document au terme d’une enquête rigoureuse.

Impossible de ne pas saluer la manière dont cette affaire complexe – incluant la légalité de la guerre, sa moralité ainsi que la sévérité de l’Acte des secrets officiels de 1989, clairement dirigé contre les lanceurs d'alerte – est rendue limpide à l’écran. Gavin Hood parvient aussi, avec une réalisation utilisant tous les artifices nécessaires (son, éclairage, musique), à créer d’intéressants moments de suspense dans cette histoire dont le dénouement est connu.

La date de sortie du film n’est pas due au hasard et est clairement faite pour coïncider avec l’anniversaire des attentats du 11 septembre 2001. Cela permet de mettre ce moment de l'histoire contemporaine en perspective – il est encore trop tôt pour parler de recul – et de continuer à se poser des questions sur le monde créé depuis cette journée.

Note: 3,5 sur 5