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«On ne décroche jamais» - Émilie Ferland

Samuel Pradier

 - Agence QMI

Clifford Miller et Emilie Ferland/Un zoo pas comme les autres

Courtoisie TVA

La saison dernière, «Un zoo pas comme les autres» a véritablement été au centre d'une immense vague d'amour envers les locataires du Miller Zoo et de ses deux propriétaires, Émilie Ferland et Clifford Miller. On s'est rendu en Beauce pour visiter le zoo et s'entretenir avec Émilie, qui nous dévoile certains secrets de la deuxième saison ainsi que les dessous de la gestion d'un zoo... pas comme les autres!

En juillet 2013, Émilie Ferland et Clifford Miller ont ouvert un zoo avec un objectif clair: permettre aux gens de mieux connaître les animaux afin de les sensibiliser au respect de la faune. «On a débuté l’aventure du zoo tous les deux. Quand on s’est rencontrés, Cliff avait déjà la terre et il était en train de bâtir sa maison. On a commencé le projet. Pour nous, ce n’est pas un travail, c’est davantage une passion et un style de vie.»

Pendant plusieurs années, ils vont poursuivre leur mission sans relâche, été comme hiver, accueillant des animaux venant d’un peu partout.

Quand un producteur leur a proposé de faire un docu-réalité sur leur zoo, ils y ont vu une chance de se développer et d’accroître leur visibilité et leur popularité. «Il faut savoir qu’on est un peu marginaux dans le milieu, parce qu’on est partis de rien et qu’on réchappe et recueille des animaux. Quand la production nous a approchés, on n’était pas connus, mais elle voulait montrer notre travail. Les zoos sont parfois montrés sous un mauvais jour et les gens généralisent beaucoup. C’était une belle occasion pour nous de présenter ce qu’on est et ce qu’on fait. C’était aussi une chance de se faire connaître par un plus grand bassin de gens, ce qui nous a permis d’augmenter l’achalandage du zoo et de faire entrer plus d’argent pour soigner les animaux.»

Un succès imprévisible

Émilie confie qu’elle ne s’attendait absolument pas à l’immense succès de l’émission. «Au début de toute cette aventure, on pensait que l’émission serait plutôt diffusée sur une chaîne spécialisée. Quand on a vu que TVA nous mettait de l’avant, on est restés surpris. Et même là, la chaîne visait un auditoire moindre. On a plus que doublé les attentes.»

Mais les conséquences ne se sont pas fait sentir que sur le nombre de visiteurs. «On reste dans le fond du bois, et on ne s’est pas vraiment rendu compte de l’impact au début de la diffusion. Un samedi matin, après deux émissions, je suis allée faire des courses dans un magasin à grande surface et je me suis ramassée avec plein de gens autour de moi qui m’avaient reconnue et qui voulaient me parler. J’ai compris que ma vie venait de changer et que je ne pouvais plus passer inaperçue nulle part.»

Émilie a d’ailleurs un regard assez intrigué sur sa nouvelle popularité. «Je n’en reviens toujours pas que les gens qui me voient à la télé peuvent avoir une vision différente de moi. Je n’ai absolument pas changé, je suis toujours la même, mais le regard des gens a changé, même ceux qui me connaissaient un peu avant. On a dû s’adapter à ça. Même Lloyd (le neveu de Cliff) s’est retrouvé avec un ¨fan-club¨ de filles; on le niaise beaucoup avec ça.»

Un quotidien chamboulé

La popularité des deux propriétaires a toutefois compliqué leur travail au quotidien. «Les gens nous voient peut-être comme des vedettes de la télé, mais on a un vrai travail à faire dans le zoo. On doit gérer davantage notre travail, parce que les gens nous arrêtent pour nous parler ou pour prendre des photos. Au début, on arrêtait tout le temps. Puis, on a commencé à leur dire de venir nous voir après la collation des animaux. On s’adapte au fur et à mesure.»

Mais l’impact sur le zoo est tellement immense qu’Émilie est fière de cette expérience télévisuelle. «Cet été, on a doublé l’achalandage par rapport à la saison dernière. On avait quand même un peu peur. On entendait parler des gens qui travaillent dans des zoos plus gros: ils nous racontaient des réactions irrespectueuses de visiteurs. Grâce aux messages qu’on a fait passer à travers l’émission, on n’a pas eu ce problème. On a reçu une belle clientèle de gens qui aimaient la cause des animaux; c’était le fun.»

Cet afflux exponentiel de visiteurs est aussi une richesse pour la continuité de la mission de sauvetage et de réhabilitation des animaux. «Jusqu’à présent, les entrées du zoo suffisaient tout juste à couvrir les frais durant l’hiver. On n’est pas gouvernemental ni un organisme sans but lucratif, on est un zoo privé. Les recettes des entrées sont notre unique source de revenus pour faire vivre tous les animaux toute l’année. En ayant une augmentation du nombre de visiteurs, on va être capables d’améliorer nos installations. On voulait, par exemple, avoir une clinique vétérinaire sur place, mais les coûts étaient exorbitants. Cette année, on va peut-être pouvoir aller de l’avant.»

Une vie privée... pas comme les autres

Le quotidien du couple ne ressemble à aucun autre, et leurs moments de repos sont peu nombreux, et souvent imprévisibles. «On travaille avec des animaux vivants, il faut donc toujours être prêt à régler un problème. Si on décide de prendre une journée de congé, mon chum va toujours imaginer le pire scénario. Quand on ferme à l’automne, après avoir planifié toutes les opérations pour l’hiver, on arrive à prendre quelques journées pour nous. Cette année, on est rendus avec une super équipe; on est plus rassurés, car on sait qu’il y a des gens solides qui assurent si on n’est pas là. On est quand même déjà partis en vacances! Il y a deux ans, on est allés passer 10 jours en Chine et ça s’était super bien passé. Il faut vraiment qu’on s’éloigne pour décrocher.»

Mais même en vacances, Émilie et Clifford pensent à leurs animaux. «En voyage, on aime aller voir ce qui se fait ailleurs; on visite des zoos et des refuges. On a, par exemple, pris l’idée de notre quartier des babouins en visitant un refuge au Costa Rica. Une semaine au bord de la plage, ça n’existe pas pour nous.»

En parallèle à la création de nouvelles installations pour accueillir l’augmentation de l’affluence, le couple a aussi déménagé ses pénates, alors qu’il habitait auparavant dans la demeure située à l’entrée du zoo. «On voulait bâtir un accueil pour les visiteurs. La maison était tellement bien placée, à côté des stationnements, qu’on l’a transformée et qu’on a fait construire notre propre maison un peu plus loin. J’avais aussi envie d’avoir une piscine dans la cour arrière. Il y avait une fermette à vendre juste à côté, et ça tombait bien, car ça nous prenait un milieu de quarantaine à l’extérieur du zoo. On a donc retapé la fermette pour ça. On ne décroche jamais.»

Le Miller Zoo, situé à Frampton, en Beauce, est ouvert tous les jours, jusqu’au 29 septembre.

À la découverte du Zoo

La seconde saison d’«Un zoo pas comme les autres» nous permettra de plonger dans le quotidien du Miller Zoo dès le début du printemps.

«Ce qui était dommage l’an dernier, c’est que l’équipe a commencé les tournages vraiment tard, explique Émilie Ferland. Pour nous, à partir du dégel, c’est une grosse période durant laquelle on recueille des rescapés. Les animaux arrivent orphelins ou blessés. Les soins sont optimisés et il y a beaucoup de travaux à faire dans le zoo. Ce sont des choses que nous n’avons pas pu montrer dans la première saison.»

Le zoo a notamment accueilli des bébés castors pour la première fois, et de très jeunes mouffettes aussi. «Il y a beaucoup d’espèces qui vont nous permettre de suivre leur évolution. Ça faisait aussi trois ans qu’on n’avait pas eu de bébés coyotes. Ils sont arrivés très jeunes et on pense qu’ils avaient la teigne, ce qui a entraîné beaucoup de soins. De plus, on verra davantage d’interactions avec des vétérinaires spécialisés.»

La deuxième saison suivra également l’arrivée de Winnie, une femelle ours. «Dans l’émission, on verra le moment où on est allés la chercher et celui des présentations avec Buddy. On assistera à l’évolution de leur relation. Au début, elle ne connaissait rien, elle ne nous aimait pas beaucoup, mais ça a changé aujourd’hui.»

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