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Des inégalités dans le port du casque

Agence QMI

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Les hommes, les enfants et les minorités ethniques sont moins susceptibles de porter un casque à vélo et sont plus susceptibles de souffrir de blessures à la tête et au cou lors d'accidents, selon une étude parue vendredi.

Pour parvenir à ce constat, les chercheurs de l’Université de Californie à Los Angeles ont étudié plus de 76 000 accidents de vélo s'étant soldé par de telles blessures aux États-Unis, entre 2002 et 2012. Ils ont alors constaté que 78 % des accidentés ne portaient pas de casque (79 % des hommes et 72 % des femmes), un chiffre qui monte à 88 % chez les jeunes de moins de 17 ans.

Plus étonnant, 27 % des Blancs et des Asiatiques admis à l'hôpital portaient un casque, contre seulement 7 % des Hispaniques et des Noirs, ont noté les chercheurs. , le port du casque avait été dénombré chez 27% des cas, contre moins de 7 % chez les Hispaniques et les Noirs.

Plus de recherches seront nécessaires afin de déterminer pourquoi le port du casque est limité et inégal entre les différents groupes ethniques, ont souligné les chercheurs, qui ne pouvaient expliquer ce phénomène.

Par ailleurs, les hommes étaient 36 % plus susceptibles de mourir des suites de leurs blessures que les femmes. Sur le plan ethnique, les Noirs (19%) et les Hispaniques (17 %) décédaient plus souvent que les Blancs après leur admission à l'hôpital.

«On ne comprend pas très bien pourquoi les hommes ont généralement passé plus de jours à l’hôpital et dans une unité de soins intensifs, ont ajouté les auteurs. Cependant, notre analyse montre que les femmes et les hommes bénéficient presque également du port du casque.»

Sans surprise, le port du casque réduit considérablement la gravité des blessures, la durée de l'hospitalisation et la mortalité de tous les cyclistes, ont souligné les scientifiques.

Les chercheurs préconisent une meilleure sensibilisation des personnes au port du casque. Ils vont jusqu'à recommander aux États d’imposer le port obligatoire de cet équipement de protection pour diminuer le taux de mortalité et la gravité des blessures des cyclistes, même s'ils conviennent qu’une telle mesure pourrait mettre un frein à l’adoption du vélo comme mode de transport, en raison du manque d’accès pour les personnes pauvres au casque et à son caractère «inconfortable» ou «embêtant».

Les résultats de l'étude restent limités, puisque la banque nationale de données sur les traumatismes, qui collige les statistiques que l’étude a utilisées, est connue pour être minée par une importante sous-déclaration des traumatismes. De plus, les données sur le type ou la conception du casque porté par les accidentés ne sont pas existantes, ont nuancé les auteurs.