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La pénurie de main-d’œuvre s’aggrave pour les agences de sécurité

Jean-Luc Lavallée | Le Journal de Montréal

SIMON CLARK / AGENCE QMI

Loin de se résorber, la pénurie de main-d’œuvre qui frappe les agences de sécurité est pire que jamais. Obligé de renoncer à son engagement avec le Grand Prix cycliste vendredi dernier, le propriétaire de Sécurité Sirois lance un nouveau cri du cœur.

« C’est une catastrophe ! Ça fait 30 ans que je fais ça, c’est la pire année. On est rendus à refuser des clients qui nous ont mis au monde, c’est vraiment dur... Je n’ai même pas été capable de servir le ComediHa ! cette année, et ça faisait 19 ans. L’industrie souffre, et tous les propriétaires disent la même affaire », confie Martin Sirois en entrevue.

Des agents de Garda, McKinnon et Multi-Sécurité ont dû prendre le relais pour le Grand Prix cycliste, avec une poignée d’employés de Sécurité Sirois. « C’est au point où il faut se mettre quatre pour livrer une job », observe M. Sirois.

Trop strictes

En juin, il avait fait une première sortie médiatique en s’associant à plusieurs autres agences pour réclamer des assouplissements à la Loi sur la sécurité privée. Les règles d’embauche sont trop strictes, selon eux, pour les nouveaux agents. La formation obligatoire de 70 heures rebute aussi plusieurs recrues, avec ses frais de 495 $.

« Il n’y a rien de réglé. Pour faire une histoire courte, on est dans la même situation qu’on était [en juin]. C’est même pire avec les étudiants qui sont retournés à l’école », déplore Guy McKinnon, de Sécurité McKinnon. Une rencontre est toutefois prévue d’ici la fin du mois entre l’Association provinciale des agences de sécurité et le Bureau de la sécurité privée (BSP), qui encadre la profession.

« Il y a une vaste consultation en cours au BSP, et nous suivons cela de près. À la suite de ça, nous serons ouverts à apporter les modifications réglementaires le plus rapidement possible », a indiqué Jean-François Del Torchio, du cabinet de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.

Contrat plus cher pour la Ville

La pénurie dans ce domaine a aussi des impacts financiers pour des donneurs d’ouvrage, comme la Ville de Québec. Elle vient d’attribuer un contrat de 332 000 $ (23 % de plus que prévu) pour la surveillance du chantier de la bibliothèque Gabrielle-Roy à une firme de Saint-Boniface, la seule qui a déposé une soumission.

Complètement débordé, Martin Sirois affirme qu’il ne consulte même plus les appels d’offres depuis au moins quatre mois.

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