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Rapport du BIG: l’industrie du remorquage toujours favorable aux entrepreneurs douteux

Yves Poirier | TVA Nouvelles

Deux ans après un rapport alarmant du Bureau de l’inspecteur général (BIG) concernant l’industrie du remorquage à Montréal infiltrée par le crime organisé, nous avons appris lundi que la porte semble toujours grande ouverte aux entrepreneurs à la réputation douteuse.

C’est ce qu’on comprend en lisant le plus récent rapport de l’Inspectrice générale, Me Brigitte Bishop, qui a été déposé dans le cadre de l’assemblée du conseil municipal cet après-midi.

«L’Inspectrice générale est préoccupée des délais encourus à ce jour dans le processus d’appel d’offres, car l’absence d’octroi de contrats d’exclusivité de remorquage maintient du coup un statu quo favorable aux entrepreneurs à la réputation douteuse. Ce dossier atteste de la vigilance particulière et continue qui doit être exercée à l’égard de l’industrie du remorquage afin d’assurer qu’elle demeure exempte de toute influence du crime organisée», prévient Me Bishop.

En 2017, le BIG avait rendu public un rapport indiquant que le crime organisé, que ce soit les Hells Angels, la mafia italienne ou les gangs de rue, avait pris le contrôle de l’industrie du remorquage de véhicules accidentés sur le territoire de la Ville de Montréal.

Les remorqueuses ne servaient pas seulement à transporter des voitures vers les garages et fourrières. Certains chauffeurs de remorqueuses seraient même impliqués dans le trafic de stupéfiants, de vol de voitures, le proxénétisme, le blanchiment d’argent et le prêt usuraire.

Des dirigeants de compagnies de remorquages interrogés par le BIG avaient même reconnu être soit un motard «respecté et craint de tous», soit membre fondateur d’un club associé aux Hells Angels ou entretenir des liens avec les Hells Angels ou la mafia italienne.

On y ajoutait que les menaces de violence pour empêcher certains entrepreneurs d’effectuer du remorquage dans un secteur seraient une pratique courante. Certains entrepreneurs se sont fait dire que «ça allait aller mal» ou que les problèmes se règleraient «à coup de batte de baseball et de camions incendiés».

Rappelons qu’en vertu de nouvelles mesures adoptées dès 2017, le remorquage est ainsi devenu une compétence d’agglomération et le Règlement sur le remorquage des véhicules fut modifié afin que le SPVM soit responsable de son application.

Des enquêtes de sécurité ont aussi été effectuées à travers la ville et un appel d’offres pour des contrats d’exclusivité a été lancé en 2018. Or, selon le plus récent rapport du BIG, il y a toujours des délais dans le processus d’appel d’offres.