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Sols contaminés: le BIG s’inquiète de l’infiltration du crime organisé

Dominique Cambron-Goulet | Journal de Montréal

Le Bureau de l’inspecteur général (BIG) s’inquiète de l’infiltration du crime organisé dans l’élimination des sols contaminés de la Ville de Montréal.

Sur la plupart de ses chantiers, la Ville laisse la responsabilité de l’élimination des terres contaminées à l’entrepreneur en construction. Ce qui fait qu’elle «perd graduellement le contrôle de ses sols» plus les travaux avancent. 

Or, certaines compagnies au bout de la chaîne de décontamination des sols, celles de transport et d’élimination, auraient des liens de «financement» avec le crime organisé, souligne le rapport du BIG. 

Selon nos informations, une d’entre elles aurait des liens avec les Hells Angels et la mafia montréalaise. 

«Le transport se prêterait bien au blanchiment d’argent, le déversement illégal de sols contaminés permettrait d’engranger des profits faramineux en évitant tous les coûts associés à leur élimination», note le BIG. 

Davantage de contrôle

Après une vaste enquête de deux ans, l’inspectrice générale de Montréal, Brigitte Bishop, conclut que la gestion des sols contaminés issus de chantiers de la Ville est «généralement rigoureuse». 

Par contre, les risques de déversements illégaux sont bien réels. Le tout au détriment de l’environnement. 

Pour écarter la possibilité de faire affaire avec des entreprises illégitimes, le BIG recommande à la Ville de se doter de ses propres sites d’entreposage de sols faiblement contaminés et de conclure des ententes-cadres directement avec les compagnies responsables de l’élimination. 

La Ville aurait donc un contrôle des sols de l’excavation jusqu’à l’élimination. 

«L’enquête démontre que le risque de déversement illégal est considérablement réduit lorsque l’entrepreneur n’est pas responsable de l’élimination des sols», indique l’inspectrice générale. 

Tourner les coins ronds

Par ailleurs, des entrepreneurs engagés par la Ville ont d’ailleurs essayé de profiter de la gestion des sols contaminés pour s’enrichir. 

Un entrepreneur, non identifié dans le rapport, a par exemple tenté de facturer plus d’argent à la Ville, en faisant passer des sols pour plus contaminés qu’ils ne l’étaient réellement. 

Pour ce faire, il a mélangé des sols de niveau de contamination différents. 

Un autre entrepreneur a tenté de faire passer de la terre contaminée issue d’un chantier de la Ville pour des sols non contaminés et les a ensuite déversés sur une terre agricole. 

L’entrepreneur a payé lui-même des experts pour contredire les analyses de la Ville, selon lesquels la terre était contaminée. 

Il s’est ensuite basé sur cette expertise plutôt que sur celle de la Ville, ce qui est contraire à son contrat.