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Bolsonaro «donne le feu vert» à des mafias, dénonce une ONG

Agence France-Presse

Le gouvernement brésilien «donne son feu vert» à des réseaux mafieux qui détruisent l'Amazonie et «échoue» à protéger les défenseurs de l'environnement, accuse l'ONG Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié mardi.

L'impunité et l'allègement des contrôles environnementaux contribuent également à la déforestation de la plus grande forêt tropicale du monde, ajoute l'ONG dans ce rapport publié à Sao Paulo intitulé «les mafias de la forêt tropicale».

«À travers ses paroles et ses actes, le président Jair Bolsonaro a donné son feu vert à des groupes criminels qui détruisent l'Amazonie et mettent en grand péril les défenseurs de la forêt», a affirmé mardi en conférence de presse Daniel Wilkinson, directeur de HRW responsable des questions d'environnement et des droits de l'Homme.

La déforestation de l'Amazonie brésilienne a quasiment doublé entre janvier et août, à 6404 km2 contre 3337 km2 lors de la même période de 2018 -- soit l'équivalent de 640 000 terrains de football.

La destruction de l'Amazonie «est menée en grande part par des réseaux criminels qui emploient la violence et l'intimidation contre ceux qui se mettent en travers de leur chemin», accuse HRW.

L'organisation de défense des droits de l'Homme demande au président d'extrême droite Jair Bolsonaro d'arrêter «ses attaques verbales et accusations sans fondement» contre les ONG et de «rétablir la coopération» entre le gouvernement et la société civile pour protéger les indigènes, les défenseurs de l'environnement et la forêt.

«Les réseaux criminels ont la capacité logistique de coordonner la coupe, le débitage et la vente de bois à une large échelle et emploient des hommes armés pour intimider, et dans certains cas exécuter, ceux qui essaient de défendre la forêt», poursuit HRW.

Le Brésil est le 4e pays pour les assassinats de défenseurs de l'environnement, selon les statistiques publiées en juillet par l'ONG Global Witness qui a comptabilisé 20 morts en 2018.

Ce phénomène n'est pas nouveau, et HRW rappelle l'élimination, en 1988, de Chico Mendes, l'une des voix les plus connues à l'étranger de défenseurs de l'environnement.

Mais HRW énumère 28 assassinats ces dernières années dont les responsables peuvent «selon des preuves solides» être impliqués dans les coupes illégales de bois.

«Les responsables de violences sont rarement appelés devant la justice», déplore HRW, et dans de très nombreux cas, les dénonciations de menaces ne font l'objet d'aucune enquête.

«Tant que le Brésil n'adoptera pas de mesures urgentes contre la violence qui facilite la coupe illégale de bois, la destruction de la plus grande forêt tropicale du monde sera effrénée», a dit Daniel Wilkinson, directeur des droits de l'Homme et de l'environnement de HRW.

L'ex-ministre de l'Environnement Marina Silva (2003-2018), présente lors de la conférence de presse, a pour sa part mis en avant le fait qu'à l'époque où elle était au gouvernement, «le secteur de l'agronégoce était en pleine croissance, mais la déforestation était en baisse».

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