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Dernier hommage à Pierre Nadeau

Marie-Josée R. Roy

 - Agence QMI

GEN-FUNERAILLES-PIERRE NADEAU

TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

«Un grand journaliste», «un mentor», «une image parfaite»: les éloges à l’égard de Pierre Nadeau se sont succédés, mardi après-midi, à l’église Saint-Viateur d’Outremont, où avaient lieu les funérailles du défunt animateur et reporter, décédé le 3 septembre dernier, à 82 ans.

Plusieurs membres de la famille et amis ont pris la parole pour rendre de sobres hommages à celui que plusieurs décrivent comme un irremplaçable pionnier.

Entre autres témoignages, son gendre, Martin Cloutier, a lu les vœux de Jacques Brel. Stéphane Garneau, dont le regretté papa, Richard Garneau, était un grand ami de Pierre Nadeau, s’est souvenu avec tendresse des taquineries de ce dernier lorsqu’il était enfant et arborait la coupe de cheveux de René Simard.

Les petites-filles de Pierre Nadeau, Pénélope, Alexandra et Clémentine, ont évoqué le sourire de leur «grand-Pierre» et l’admiration qu’elles lui portent, et ont attendri l’assistance en racontant que grand-papa n’avait un jour pas hésité à sortir ses petits-enfants de sa voiture à la pluie battante, dans un stationnement désert, parce qu’ils étaient trop dissipés.

Le moment fut émouvant lorsque Pascale Nadeau, fille du disparu, a parlé à son tour.

«Tu as toutes les raisons d’être fier de ce que tu as fait», a-t-elle déclaré à son papa, qu’elle appelait par son prénom, Pierre, a-t-elle précisé.

La chef d’antenne de Radio-Canada a relaté que, reconnu pour son éloquence en public, Pierre Nadeau était néanmoins un homme de peu de mots dans l’intimité.

«La petite fille que j’étais s’est un peu fait voler son père», a-t-elle déploré, non sans avancer qu'il était «résilient et courageux».

«Sois heureux, maintenant», a-t-elle lancé, en retenant ses sanglots, à la fin de son petit discours.

Son fils Sylvain, son frère Jacques et l’ancien journaliste Yvon Turcot, notamment, se sont également exprimés.

François Cousineau a pris place au clavier le temps d’un morceau dédié à Pierre Nadeau, et Jean-Pierre Ferland a été invité à interpréter sa chanson «Je reviens chez nous», à laquelle Pierre Nadeau était très attaché.

Jamais remplacé

Sur le parvis de l’église, avant la cérémonie, les anciens collègues de Pierre Nadeau, dont plusieurs le surnommaient simplement «Nadeau», ont multiplié les bons mots envers leur camarade.

Normand Lester a suggéré que Radio-Canada renomme l’un de ses studios du nom de ce monstre sacré de l’information. Claude Poirier, lui, a raconté que Pierre Nadeau lui téléphonait souvent à l’époque où il présentait l’émission «Le vrai négociateur», à LCN.

«C’est ici (à l’église Saint-Viateur, NDLR) qu’avaient eu lieu les funérailles de Jean Lapierre (en 2016, NDLR). Lapierre n’a jamais été remplacé, et Nadeau ne sera jamais remplacé non plus. Il a ouvert le chemin aux correspondants étrangers, et à cette époque-là, c’était bien plus difficile qu’aujourd’hui!», a argué Claude Poirier.

Gilles Proulx a vanté les «qualités universelles d’animation» de Pierre Nadeau, qui lui a transmis sa «maladie des voyages» et son envie de reportages aux quatre coins du monde.

«Par son sens des communications et de la vulgarisation, il a réussi à ouvrir une fenêtre sur le monde, chez nous, a souligné Jean-Luc Mongrain. Il l’a fait avec sensibilité et émotion.»

Aux yeux de Pierre Craig, Pierre Nadeau a légué deux enseignements importants au peuple québécois au cours de sa carrière: que celui-ci pouvait briller à l’étranger, et qu’il était parfois nécessaire de remettre en question l’autorité, qu’elle soit politique, économique ou religieuse.

L’ancien animateur de «La Facture» s’est remémoré une entrevue de Pierre Nadeau avec Pierre Elliott Trudeau, où celui-ci, fidèle à son habitude de déstabiliser les journalistes, répondait à ses questions par des questions.

«Il s’était essayé à ce jeu-là avec Pierre Nadeau, et Nadeau lui avait répondu, textuellement, "je m’excuse, Monsieur le premier ministre. C’est moi qui pose les questions ici!" Et Trudeau, bon joueur, avait accepté de répondre. Ça nous montrait qu’un bon journaliste, poli, respectueux, mais avec de bons arguments, peut remettre l’autorité en question.»

Jean-François Lisée, Louise Marleau, Bernard Derome, Simon Durivage, Charles Tisseyre et Mireille Deylgun et son fils Félix – qui représentait son père, Jean-François Lépine, retenu par ses fonctions de directeur des représentations du Québec en Chine – étaient également présents pour adresser une ultime salutation à Pierre Nadeau, mardi.

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