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Des avocats de victimes veulent des documents sur le 737 MAX

Agence France-Presse

Des familles de victimes de l'accident du vol 302 d'Ethiopian Airlines demandent à Boeing et au régulateur aérien américain de leur fournir des documents sur la décision de ne pas clouer au sol les 737 MAX après une première tragédie survenue cinq mois plus tôt.

L'accident du vol de Lion Air, en octobre 2018, avait entraîné la mort de 189 personnes. Les 157 passagers et membres d'équipage d'Ethiopian ont aussi péri.

«Les décisions de laisser ces avions continuer à voler sont la clé», a affirmé mardi Robert Clifford, dont le cabinet d'avocats basé à Chicago représente des familles de victimes d'Ethiopian Airlines.

«Boeing doit fournir les documents liés à la conception et au développement du 737 MAX, particulièrement sur ce qu'il savait après l'accident de Lion Air du 29 octobre en mer de Java et sur celui d'Ethiopian le 10 mars», a demandé le conseil dans un communiqué.

Par ailleurs, le président démocrate de la commission des transports de la Chambre des représentants du Congrès, Peter DeFazio, a formellement invité le patron de Boeing, Dennis Muilenburg et le chef ingénieur de sa division aviation commerciale, John Hamilton, à venir répondre aux questions des élus le 30 octobre.

S'ils acceptent, ce sera la première fois que des responsables de Boeing s'exprimeront devant les parlementaires qui enquêtent sur ces deux écrasements rapprochés et sur les relations entre le constructeur et les autorités de l'aviation civile américaine, qui ont homologué l'appareil.

Dans les deux accidents, le système anti-décrochage MCAS, conçu spécialement pour le 737 MAX, a été mis en cause par les enquêtes préliminaires.

Au lieu d'ordonner l'immobilisation au sol du MAX après le premier accident de Lion Air, l'agence fédérale de l'aviation (FAA) avait choisi d'émettre, le 7 novembre, une consigne de navigabilité rappelant aux pilotes les procédures d'urgence.

Elle avait également demandé à Boeing de fournir un correctif.

L'avocat a formulé la demande de documents lors d'une audition devant un juge de Chicago, qui a, selon M. Clifford, ordonné la création d'un comité chargé de travailler avec Boeing.

Deux audiences sont prévues le 28 octobre et le 21 novembre.

La FAA a indiqué ne pas commenter des demandes judiciaires.

«Nous ne commentons pas directement les plaintes en cours. La sécurité est notre priorité première», a pour sa part déclaré un porte-parole de Boeing.

L'avionneur fait face à 97 plaintes, les victimes étant originaires de plus d'une trentaine de pays.

Les plaignants, qui réclament des centaines de millions de dollars à Boeing, affirment que le système de contrôle de vol avait un défaut de conception, ce que rejette l'avionneur.

Le constructeur aéronautique a notamment mis en place un fonds abondé à hauteur de 100 millions de dollars pour indemniser les familles des victimes.

Depuis plus de six mois, les observateurs reprochent à Boeing et la FAA d'entretenir des liens trop étroits.

Un panel de régulateurs internationaux, mis en place par la FAA, devrait remettre dans les prochaines semaines un rapport très critique sur les relations entre Boeing et l'autorité, a dit lundi à l'AFP une source proche du dossier.

Ce groupe de travail devrait notamment fustiger le manque de transparence dans la procédure d'homologation de nouveaux avions.

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