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La YouTubeuse Lilly Singh fait des débuts historiques sur une grande chaîne américaine

Agence France-Presse

La YouTubeuse canadienne Lilly Singh est devenue lundi la première femme issue de minorités à présenter un talk-show de soirée sur une grande chaîne américaine, case occupée uniquement par des hommes blancs jusqu'ici.

Oprah Winfrey a été la première présentatrice noire à percer à la télévision et a eu un talk-show national de 1986 à 2011, mais il s'agissait d'une émission de journée, la soirée restant le domaine des hommes jusqu'ici.

Les talk-shows de soirée sont un rendez-vous traditionnel de la télévision américaine, dont Jimmy Fallon (NBC), Stephen Colbert (CBS) ou Jimmy Kimmel (ABC) sont les principales vedettes.

Dans une volonté de capitaliser sur sa popularité sur YouTube, où elle compte 14,9 millions d'abonnés, la chaîne NBC avait décidé de mettre en ligne ce premier numéro de «A Little Late with Lilly Singh» sur la plateforme vidéo avant l'heure de diffusion à la télévision.

De manière générale, la plateforme vidéo a été une bénédiction pour tous les talk-shows américains de deuxième et troisième partie de soirée, qui y ont trouvé un nouveau public plus jeune.

Âgée de 30 ans, de parents indiens, Lilly Singh a repris le dernier des trois créneaux alloués quotidiennement par NBC aux talk-shows de soirée, occupé jusqu'ici par l'animateur Carson Daly.

Diffusé à 01H35 heure de New York, le programme n'est pas enregistré en direct, pas plus qu'aucun des grands talk-shows de la télévision américaine.

Une seule femme avait déjà eu son propre talk-show de soirée en semaine sur une grande chaîne américaine, la comédienne et humoriste Joan Rivers, durant deux ans seulement (1986-1988) sur Fox.

L'humoriste Samantha Bee avait fait parler d'elle avec son émission «Full Frontal», talk-show de soirée lancé en 2016, mais elle est diffusée sur la chaîne câblée TBS qui a eu une audience bien moindre que les quatre «networks», les grandes stations nationales.

Délaissant le traditionnel monologue d'introduction, cher aux talk-shows américain, Lilly Singh a utilisé un sketch préenregistré, lors duquel elle rappe devant des dirigeants de chaîne fictifs.

«Salut, mon nom c'est Lilly et je ne suis pas un homme blanc», scande celle qui a rendu publique sa bisexualité. «Ma peau est colorée et ce n'est pas de l'autobronzant».

Durant l'émission, beaucoup de ses plaisanteries ont tourné autour de la diversité et de l'omniprésence des Blancs à la télévision. «Je comprends que pour certaines personnes», a-t-elle dit, chuchotant «les Blancs», «voir quelqu'un comme moi animer une émission est terrifiant».

«L'une des plus grandes peurs de l'Amérique blanche est que les minorités leur prennent leur boulot», a-t-elle poursuivi. «Et soyons honnêtes, c'est ce que nous sommes en train de faire».

La première invitée de l'émission aura été l'actrice, scénariste et productrice Mindy Kaling, dont les parents sont d'origine indienne.

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