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Le «pilote des stars» souhaite déjà être remis en liberté

Eric Thibault

 - Journal de Montreal

FD-NORMAND-DUBE

PIERRE VIDRICAIRE/JOURNAL DE MONTRÉAL/AGENCE QMI

Condamné à neuf ans de prison lundi, le «pilote de stars» Normand Dubé veut déjà retrouver sa liberté tandis que la Couronne juge sa peine trop clémente.

Les procureurs des deux parties ont chacun réclamé l’intervention de la Cour d’appel au lendemain de cette sentence prononcée contre le résidant de Sainte-Anne-des-Plaines par le juge Gilles Garneau.

Connu pour avoir transporté des vedettes du showbiz québécois en hélicoptère, Dubé a été condamné pour avoir commandé des incendies criminels et pour s’être livré à du harcèlement aux dépens de fonctionnaires dans un but de vengeance.

30 millions $ de dégâts

L’hiver dernier, il avait aussi été déclaré coupable d’un méfait d’une valeur de 30 millions $ à l’endroit du réseau d’Hydro-Québec, plongeant une partie de la province dans l’obscurité en décembre 2014. Ce crime lui a valu sept ans de pénitencier.

Ce que la poursuite ne digère pas, c’est que la peine de neuf ans imposée lundi sera purgée de façon concurrente à la première pour vandalisme. Ainsi, à l’expiration de la peine de Dubé dans l’affaire Hydro-Québec, il ne restera que deux ans à purger pour harcèlement et incendies criminels.

Le juge Garneau a estimé que «ce serait une injustice de le condamner à une sentence consécutive» ou additionnelle à celle pour méfait contre la société d’État, comme la poursuite le souhaitait.

«L’honorable juge de première instance a erré» en rendant une peine concurrente, écrit Me Éric Bernier dans sa requête en ajoutant que le juge Garneau n’a pas «motivé adéquatement» sa décision.

Verdicts contestés

De son côté, la défense demande à la Cour d’appel de remettre Dubé en liberté provisoire sans délai, en attendant que ses juges réévaluent le bien-fondé des verdicts de culpabilité rendus contre lui, autant dans le dossier Hydro-Québec que pour les délits contre les fonctionnaires.

Le plus haut tribunal du Québec a acquiescé à une pareille requête après la première condamnation de Dubé en décembre 2018, mais celui-ci a été ramené en prison au terme de son procès pour harcèlement criminel il y a quatre mois.

Son avocat, Me Maxime Chevalier, plaide que la sécurité du public ne serait pas en péril puisque le pilote a «respecté scrupuleusement» les conditions que les tribunaux lui ont imposées depuis le début de cette saga judiciaire en 2015.

La Cour d’appel pourrait dès cette semaine décider si Dubé pourra ou non recouvrer sa liberté jusqu’à nouvel ordre.

-Avec la collaboration de Claudia Berthiaume et de Michaël Nguyen

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