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Legault annonce la réouverture du Bureau du Québec à Ottawa

Marc-André Gagnon et Journal de Québec

Souhaitant renforcer le rôle du Québec au sein de la fédération canadienne, François Legault a annoncé, lors du dévoilement de ses demandes en vue des élections fédérales, la réouverture du Bureau du Québec à Ottawa.

Passé à la trappe sous Philippe Couillard, au plus fort de l’austérité libérale, le Bureau du Québec à Ottawa sera remis sur pied «afin d’assurer une présence forte du Québec à Ottawa», a fait valoir la ministre responsable des Relations canadiennes, Sonia LeBel.

En décembre 2014, son prédécesseur sous le gouvernement précédent, Jean-Marc Fournier, avait expliqué qu’une présence physique permanente du Québec dans la capitale fédérale devenait plus dure à justifier avec les moyens technologiques d’aujourd’hui.

Jusqu’à 1,5 M$ par année

Le gouvernement Legault voit toutefois dans la réouverture du Bureau du Québec à Ottawa, qui devrait coûter jusqu’à 1,5 M$ par année, une façon de jouer «un rôle de leadership dans la fédération canadienne».

En point de presse avec la ministre LeBel, le premier ministre a exprimé le souhait de faire du Québec et des Québécois «des partenaires à part entière dans la fédération».

Le mandat de ce bureau, qui de 1984 à 2014, consistait essentiellement à représenter le Québec auprès des institutions fédérales, sera bonifié de façon à jouer un rôle à saveur plus économique.

Il sera aussi chargé d’entretenir des relations avec les médias du reste du Canada en plus d'avoir à tisser des liens avec les ambassades étrangères dans la capitale fédérale.

Quatre grandes priorités

Par ailleurs, M. Legault a réitéré ses principales demandes en vue de l’élection fédérale du 21 octobre prochain. Avec des mots rappelant ceux utilisés par Robert Bourassa suite à l'échec de l'accord du Lac Meech, M. Legault en a profité pour faire valoir le principe de «nation distincte et libre de faire ses choix» dont jouit le Québec.

Tel que déjà annoncé, le gouvernement caquiste réclame : l’obtention de pouvoirs en matière d’immigration, incluant le droit d’exiger un test de français et de valeurs québécoises, le respect de la loi sur la laïcité, l’assujettissement à la loi 101 des entreprises à charte fédérale et un rapport d’impôt unique géré par le Québec.

Aux chefs fédéraux, «ce que je leur demande, ce n'est pas d'être d'accord, c'est de respecter nos décisions», a soutenu M. Legault.

Malgré le refus déjà exprimé par les chefs sur différents de ces enjeux, le premier ministre, qui dit bénéficier de « l’appui de la majorité des Québécois », demeure « confiant de faire des gains » vis-à-vis Ottawa.

Les oppositions réagissent

«M. Legault a complètement raté la cible», a réagi le chef libéral par intérim, Pierre Arcand, en reprochant au premier ministre d’avoir omis de réclamer la taxation des géants du web.

Visiblement agacé d’entendre M. Legault citer M. Bourassa, M. Arcand a observé que le premier ministre s’adonnait à un «jeu identitaire».

«Le destin du Québec ne peut pas être de quémander de façon permanente le minimum pour l’avenir de notre nation», a commenté à son tour le chef parlementaire péquiste, Pascal Bérubé.

Le député de Matane–Matapédia a indiqué qu’il n’avait pas été très impressionné par la «profession de foi canadienne de M. Legault».

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