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Legault veut toujours éliminer 5000 postes dans la fonction publique

Geneviève Lajoie | Journal de Québec

Periode des questions

Simon Clark/Agence QMI

Même si la taille de l’État a gonflé depuis l’an dernier, François Legault promet de respecter son engagement d’éliminer 5000 postes dans la fonction publique.

Pour une deuxième année de suite, le nombre de fonctionnaires est en hausse et atteint 53 570 personnes, 2000 de plus que l’an passé, révèle la toute récente mise à jour publiée par le Conseil du trésor.

Une augmentation que le premier ministre attribue aux gestes posés par l’ancien gouvernement libéral.

«Il avait été prévu aussi par le gouvernement précédent qu’il y ait des embauches dans certains secteurs, je pense, entre autres, à l’informatique, où effectivement il y avait des besoins non comblés et on voulait faire plus de travail à l’intérieur qu’à l’extérieur. Mais il n’y a pas eu, depuis le 1er octobre, de projet d’embauche important. Ça concerne des décisions qui ont été prises avant», s’est-il défendu mardi.

Si davantage de fonctionnaires gagnent 100 000 $ et plus, c’est uniquement dû à des augmentations salariales déjà prévues dans les conventions collectives, a renchéri François Legault.

Le nombre d’employés des ministères et organismes qui touchent un salaire enviable est en hausse. Ils étaient 3424 il y a quatre ans à gagner 100 000 $ et plus. Ils sont désormais 4136. L’augmentation la plus marquée se retrouve chez les employés de l’État qui reçoivent une rémunération annuelle de 120 000 $ et plus.

Malgré tout, le premier ministre a assuré que son gouvernement gardait le cap sur son engagement de réduire la taille de l’État. «L’objectif est toujours la même chose, 5000 postes de moins et 5000 postes distribués en régions», a-t-il insisté.

En campagne électorale, la CAQ a promis d’éliminer 5000 postes administratifs par attrition pour une économie estimée à 380 millions de dollars au bout de quatre ans. Cet objectif se calcule toutefois sur l’ensemble de la fonction publique, incluant les réseaux de la santé et l’éducation, c’est-à-dire quelque 500 000 employés.

«Bip, bip»

Le député libéral Gaétan Barrette doute fort que le gouvernement Legault respectera son engagement. Ça fait plusieurs sujets à propos desquels le petit camion qui fait bip bip, on l’a entendu. Je sens qu’on va l’entendre encore», a-t-il réagi. Selon lui, la CAQ a été élue sur de fausses prémisses.

Le président du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) signale que la hausse de l’effectif touche davantage les gestionnaires. «Je suis content pour eux, mais c’est chez nous qu’on a besoin d’effectifs, ce n’est pas au niveau des cadres présentement», a précisé Christian Daigle.

Ce dernier espère d’ailleurs que François Legault défendra avec autant de vigueur les plus bas salariés du gouvernement, que les mandarins de l’État qui gagnent plus de 100 000 $.