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Les proches des musiciens tués veulent sécuriser la route 112

Alex Drouin | Journal de Montréal

Des proches de jeunes musiciens qui ont péri récemment dans un accident de voiture en Estrie implorent le gouvernement de sécuriser certains endroits de la route où le dr ame est survenu.

«Cette bataille est une partie intégrante pour faire le deuil de mon enfant et s’il était encore en vie, il me dirait: ''Mom, il faut faire quelque chose [pour régler le problème de la route 112]''», lance vivement Valéry Pelletier, dont le fils, Christophe Thivierge, 20 ans, est décédé le 2 septembre. violente collision qui a eu lieu sur la route 112 à Ascot Corner, près de l’interception du chemin Paul, a aussi fauché la vie de Dominic Lemieux-Richard, 23 ans, en plus de blesser gravement Cédrik-Alexandre Andrews, qui serait toujours dans le coma, selon nos informations.

Ils étaient bien connus à Québec puisqu’ils faisaient partie du groupe métal Matriax, qui gagnait en popularité dans la capitale nationale. Une quatrième personne, qui conduisait la voiture, a aussi été gravement blessée, mais ne faisait pas partie du band.

Maribelle Simard et son copain Dominic Lemieux-Richard après un spectacle du groupe Matriax, en février. 

Photo courtoisie, Mariebelle Simard

Maribelle Simard et son copain Dominic Lemieux-Richard après un spectacle du groupe Matriax, en février. 

Rassemblement

Cet après-midi, des proches des victimes se rassembleront sur la route 112 pour dénoncer ce qu’ils considèrent de l’inaction de la part du ministère des Transports du Québec (MTQ) dans le dossier de la sécurité routière de ce secteur depuis de nombreuses années.

En entrevue téléphonique avec Le Journal au lendemain de l’accident, la mairesse d’Ascot Corner, Nathalie Bresse, avait fait savoir que cet endroit était dangereux et qu’elle avait demandé à plusieurs reprises au MTQ, depuis près de 10 ans, d’apporter des changements, en vain.

«Les deux bras me sont tombés par terre lorsque j’ai appris ça, déplore la mère de Christophe Thivierge. Le Ministère fonctionne avec des statistiques et non avec son cœur. Je suis en colère que la mort des garçons entre dans ces statistiques.»

«Les changements auraient dû être faits depuis longtemps, ce qui aurait permis d’éviter un bon nombre d’accidents et d’épargner des vies, comme celle de mon copain», soutient la conjointe de Dominic Lemieux-Richard, Maribelle Simard.

La mère de celui-ci, Claire Lemieux, déplore aussi que ce dossier avance à pas de tortue.

«Ils ont d’autres dossiers à régler, mais c’est important de ne pas négliger celui-là, en espérant que ça leur tient à cœur», souhaite-t-elle.

«Les conséquences sont énormes et pas seulement pour la famille, mais pour ses amis. Certains ne sont toujours pas retournés travailler», s’attriste-t-elle.

En octobre 2018, une pétition signée par 300 citoyens de ce secteur a d’abord été déposée au conseil municipal d’Ascot Corner, puis envoyée au MTQ.

Or, le Ministère a fait savoir à la municipalité que «le taux d’accidents n’en permettait pas de justifier l’aménagement d’une voie de virage à gauche», dans une lettre que Le Journala pu lire.

Deux autres personnes ont aussi perdu la vie sur cette route en 2010 et en 2017.

«C’est fou de penser qu’il y a eu une pétition pour faire modifier la route et que malgré tout, ils n’ont rien fait», croit Mme Simard.

Réduire la limite de vitesse sur une partie de la route 112 dans le secteur d’Ascot Corner, comme l’a proposé hier le ministre des Transports n’est pas suffisant, selon la mairesse Nathalie Bresse.

«Ce n’est qu’un plaster et ça ne représente qu’une solution à court terme. Rien de plus», a déploré la mairesse, qui fait des démarches auprès du gouvernement pour sécuriser la route depuis une décennie.

De passage à Sherbrooke, hier, pour une annonce gouvernementale, le ministre François Bonnardel a fait savoir qu’il souhaitait que la vitesse de 90 km/h soit abaissée à 70 km/h dans ce secteur connu comme étant un endroit dangereux.

Feu de circulation

«Ce n’est pas suffisant et je vais continuer à les talonner pour que de meilleures solutions soit envisagées », a persisté la mairesse qui souhaite voir ajouter une voie de protection ou un feu de circulation près de l’endroit où deux jeunes musiciens dans la vingtaine ont perdu la vie le 2 septembre.

Mme Bresse déplore également que les conclusions des analyses du MTQ sur l’accident, qui ne seront pas dévoilées avant 2020, prennent du temps à aboutir.

«C’est lent et c’est toujours lent avec le MTQ. Par contre, on est écoutés», a-t-elle conclu, faisant référence à une rencontre qu’elle a eue avec le ministère, le 11 septembre.

Questionné sur les mesures qu’il compte adopter, le MTQ a affirmé «vouloir attendre les recommandations du coroner» pour les analyser et ainsi « poser des gestes additionnels, si nécessaire».

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