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Les Québécois vont se faire «crosser» par le projet de loi sur les tarifs d’Hydro

Charles Lecavalier | Le Journal de Québec

La fixation des tarifs d’électricité à l’inflation est une arnaque du gouvernement Legault, qui va «crosser» les Québécois, dénoncent les partis d’oppositions.

«Les consommateurs vont se faire crosser, vont se faire avoir», a lancé le libéral Saul Polo mardi.

Il n’est pas le seul à tirer à boulet rouge sur le projet de loi caquiste, étudié en commission parlementaire. «Ce projet de loi est une arnaque. Les Québécois vont payer plus cher leur facture d’électricité», a ajouté la députée de QS Ruba Ghazal. «C’est juste une façon détournée du gouvernement de rehausser les tarifs d’électricité pour les consommateurs du Québec», a dénoncé le péquiste Sylvain Gaudreault.

Le projet de loi 34 a été déposé au printemps dernier. Le gouvernement caquiste y voit une solution aux trop-perçus : il prétend ainsi redonner au Québécois 1,5 milliard, une affirmation taillée en pièces par experts et élus de l’opposition. Le ministre de l’Énergie Jonatan Julien s’est débattu tant bien que mal : il n’a pas réussi à faire dire à Renaud Brossard, de la fédération canadienne des contribuables, que son système remboursait bien les 1,5 milliard pigés dans la poche des Québécois.

Le projet de loi met à la poubelle le système d’évaluation des tarifs par la Régie de l’énergie et fixe plutôt l’augmentation à l’inflation, calculée à 1,8 %. Le ministre de l’Énergie Jonatan Julien souligne que la hausse historique des tarifs est calquée sur l’inflation. Il y voit donc une économie de temps et d’énergie pour Hydro-Québec.

Mais depuis quatre ans, la situation est différente, fait remarquer le député Polo. «Durant cette période, l’augmentation des tarifs aurait été du double avec la fixation des tarifs à l’inflation. Hydro a fait des demandes autour de 1,4 %. C’est 0,9 % qui a été accordé», a-t-il déploré.

Il déplore aussi la mise au rancart d’un important mécanisme de reddition de comptes et de transparence. Hydro-Québec le reconnait elle-même, chaque année, elle doit livrer à la Régie de l’énergie des cartables de documents qui détaillent ses dépenses pour justifier les hausses de tarifs. La société d’État y voit un exercice long et pénible. Les partis d’opposition y détectent un important mécanisme de surveillance d’un gigantesque monopole d’État. On «dégriffe» la Régie, déplore-t-on.

Du côté d’Hydro-Québec, on tempère. On va continuer de présenter ses activités, l’évolution de ses coûts, et une reddition de comptes sur les plaintes, a-t-on argué. Éric Filion, président d’Hydro-Québec Distribution, a également plaidé que la Régie empêchait Hydro-Québec de mettre en place des mesures environnementales, comme le déploiement à grande échelle d’un réseau de borne électrique.