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La Fed abaisse encore ses taux d’intérêt

Virginie Montet | Agence France-Presse

La Banque centrale américaine a annoncé mercredi une modeste baisse des taux d'intérêt, la deuxième en deux mois, soucieuse de protéger le pays des incertitudes pesant sur le commerce et l'économie mondiale.

Les taux d'intérêt au jour le jour sont fixés dans la fourchette de 1,75% à 2%, après une baisse d'un quart de point de pourcentage (0,25%).

La Fed dresse un portrait mitigé de l'économie citant toujours le dynamisme du marché de l'emploi et la croissance modérée qui se poursuit. Elle souligne le «fort rythme» de progression des dépenses des consommateurs mais signale la baisse des investissements des entreprises.

La légère remontée de l'inflation observée sur l'indice CPI en août n'a pour l'instant pas fait changer la Fed d'opinion sur la trajectoire des prix qui reste «sous les 2%».

La baisse des taux est à nouveau justifiée par «l'impact des développements internationaux sur les perspectives économiques et la faiblesse de l'inflation».

Le président Jerome Powell s'apprêtait à tenir une conférence de presse dans la foulée de la clôture de la réunion monétaire.

 

Dissension

Le Comité monétaire est apparu très divisé sur la décision, trois membres ayant voté contre et sept pour. C'est la plus forte opposition rencontrée par le président Jerome Powell depuis son arrivée à la tête de la Fed début 2018.

Comme en juillet, deux membres se sont opposés parce qu'ils pensent que l'économie n'a pas besoin de davantage de stimulus: ce sont Eric Rosengren de la Fed de Boston et Esther George de celle de Kansas City.

Un troisième s'est ajouté au lot, James Bullard de la Fed de Saint Louis qui, lui, aurait voulu une baisse plus importante de 50 points de base.

La dernière dissension d'une telle ampleur au sein du FOMC remonte à septembre 2016 sous la houlette de Janet Yellen.

Mercredi, la Fed a également relevé légèrement sa prévision de croissance pour les États-Unis à 2,2% cette année contre 2,1% précédemment.

Pour l'évolution des taux à l'avenir, la moyenne des projections des membres de la Fed (tableau des «dot plot») indique que la Banque centrale n'a pour l'instant pas l'intention d'aller plus loin dans ses baisses des taux ni fin 2019 ni l'année prochaine, alors qu'elle prévoit une croissance de 2% l'année prochaine et une inflation proche de sa cible à 1,9%.

Mais ces projections individuelles, si elles indiquent une intention générale utile aux marchés, ne présagent pas exactement des décisions du Comité monétaire car tous les participants aux projections ne sont pas des membres votants.

Le communiqué du Comité monétaire sur l'économie est très proche du précédent publié fin juillet lorsque la Banque centrale avait décidé la première baisse des taux depuis plus de 10 ans.

Mais au rang des facteurs qui se sont dégradés, la Fed cite «les investissements des entreprises et les exportations qui ont faibli», montrant que les inquiétudes autour des tensions commerciales et l'affaiblissement de la croissance mondiale pèsent sur l'industrie. «Les incertitudes sur les perspectives demeurent», dit encore la Fed.

À propos des marchés monétaires, sur lesquels la Fed est intervenue ces deux derniers jours pour pallier un manque de liquidités pour les banques et les entreprises, la Banque centrale a simplement réitéré son ordre à la Fed de New York d'intervenir «pour maintenir les taux sur les fonds fédéraux dans la fourchette de 1,75% à 2%».

La Banque centrale américaine (Fed) est intervenue en urgence mardi et mercredi sur le marché monétaire pour éviter un emballement des coûts d'emprunts à court terme.