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L'Institut de cardiologie incite ses employés au covoiturage

Camille Dauphinais-Pelletier | Agence QMI

Mélanie La Couture,directrice de l'Institut de cardiologie de Montréal

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Mélanie La Couture,directrice de l'Institut de cardiologie de Montréal

Quand la directrice de l’Institut de cardiologie de Montréal (ICM) a appris qu’elle perdrait une centaine de places de stationnement autour de son établissement, elle a décidé de prendre le dossier en main et de trouver une solution, sans quoi elle craignait de perdre des employés.

Une centaine d'employés sont sur la liste d’attente pour avoir accès au stationnement et tournoient dans les rues chaque matin pendant plusieurs dizaines de minutes.

L’ICM, situé dans l’est de l’arrondissemetn de Rosemont–La Petite-Patrie, est loin du métro et du train de banlieue. Pour les nombreux professionnels de la santé qui habitent sur les couronnes, la tentation peut être forte de trouver du travail ailleurs, a reconnu la directrice générale Mélanie La Couture.

Un sondage maison réalisé à l'ICM a démontré que le mode de transport principal utilisé par les employés était l’auto-solo. «Mais ce qui était intéressant, c’est qu’un utilisateur sur deux se disait prêt à modifier ses habitudes de transport», a nuancé Mme La Couture.

Covoiturage

C'est à partir de ces constats que le covoiturage s'est imposé comme l'une des solutions. «On a fait une carte des employés selon leurs codes postaux et leurs horaires, et on s’est rendus compte qu’on pourrait facilement regrouper les gens pour faire du covoiturage efficace», a souligné Mme La Couture.

La clé, pour rendre cette option intéressante? Faire payer la vignette de stationnement considérablement plus cher aux personnes qui viennent seules en auto, et accorder un prix réduit – voir la gratuité – à ceux qui font du covoiturage. «Le principe de base du comité de travail, c’est qu’il fallait qu’au final, la personne qui vienne travailler en auto solo ait le coût de déplacement le plus élevé», a résumé Mme La Couture.

Netlift

Pour gérer le système de covoiturage, l’ICM a arrêté son choix sur l’entreprise montréalaise Netlift. Sa plateforme jumèle les covoitureurs entre eux, gère le paiement des vignettes de stationnement et les rabais, et offre en plus un «retour à domicile assuré» en cas de pépin, à l’aide de taxis.

Les passagers paient pour leur part un frais mensuel variant entre 75 $ et 100 $, tout dépendant d’où ils habitent; un prix moins élevé que la passe de transport en commun, pour un service porte-à-porte, fait remarquer le président de Netlift, Marc-Antoine Ducas.

Mme La Couture souligne par ailleurs que le système est autofinancé à partir des abonnements et des vignettes payés par les employés.

«Au-delà du problème de recrutement, c’est un rôle qu’on a à jouer dans la communauté comme employeur d’être responsable. Une offre variée de mobilité durable, ça fait partie des éléments qu’on voulait mettre en place comme employeur responsable.»