/news/society

Le «blackface», une pratique qui fait scandale

TVA Nouvelles

Les images du chef libéral arborant un maquillage controversé ont eu l’effet d’une bombe sur la campagne électorale qui bat son plein, mais les réactions qu’elles suscitent sont variées, certains condamnant le geste, d’autres le pardonnant en raison du contexte.

Sur ces photos et vidéo qui ont fait surface, on peut voir Justin Trudeau, le visage recouvert d’un maquillage sombre. Elles remontent toutes à plusieurs années, la plus ancienne datant du début des années 90, a confirmé un porte-parole du Parti libéral du Canada à l’AFP.

À LIRE ÉGALEMENT

«Le pape du discours de la rectitude politique a commis un péché»

La Ligue des Noirs du Québec défend Trudeau

Des élus québécois condamnent les photos de Trudeau maquillé

«Je ne vois pas ce qu'il y a de raciste là-dedans!» : Des réactions mitigées par rapport au «brownface» de Trudeau

«Justin Trudeau est un peu hypocrite»

Un autre maquillage controversé: de nouvelles images de Justin Trudeau

Le «brownface» de Trudeau fait la une à travers le globe

«Blackface» : Justin Trudeau se confond en excuses

 

C’est l’occasion de se pencher sur le «blackface», un symbole très fort, qui n’a toutefois pas la même signification selon qu’on se trouve au Canada ou chez nos voisins du sud, rappellent des spécialistes.

«Aux États-Unis, c’est directement une attaque raciste et c’est pour ça que c’est très blessant pour les personnes afro-descendantes», rappelle la psychologue spécialisée dans les questions interculturelles Rachida Azdouz.

En entrevue à «Dumont», Mme Azdouz rappelle que se peindre le visage en noir est «tout de suite inacceptable» aux États-Unis, alors que chez nous, «c’est plus de l’ordre de la maladresse».

 

Dénigrer et se moquer

En quoi est-ce si blessant pour les personnes afro-descendantes? Historiquement, le «blackface» a été utilisé pour dénigrer et se moquer de la communauté noire.

Aux États-Unis, «les personnes blanches avec le visage peinturé de noir allaient sur scène et se comportaient comme des idiots, des imbéciles, pour rire des personnes noires», précise Fabrice Vil, chroniqueur et entrepreneur social.

Selon lui, cette pratique réduit des groupes et des personnes à des caricatures; c’est pourquoi il n’hésite pas à dire que les images de Justin Trudeau dévoilées dans les dernières 24 heures mettent en scène un acte raciste, même si ça remonte à plusieurs années, à une époque où on était moins sensibilisés.

«Mais l’autre question qu’on peut se poser, c’est: est-ce qu’un individu qui commet un acte raciste a droit à l’erreur? Moi, je pense que oui. À l’époque où ce geste-là a été commis, il y a presque 20 ans, peut-être que M. Trudeau aurait dû être au courant de ces enjeux-là, mais visiblement, il ne savait pas. [...] Le geste était peut-être plus socialement acceptable», poursuit M. Vil, qui indique que les excuses du chef libéral sont «acceptables et importantes».

«Je pense qu’après avoir nommé que cette image-là est une image raciste, après avoir reconnu que Justin Trudeau s’est excusé, passons à autre chose!» conclut le chroniqueur, qui souhaite qu’on s’intéresse davantage aux politiques publiques mises en place et à leur impact sur les communautés noires.

Dans la même catégorie