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Procès Fredette: un enfant effrayé comme bouclier humain

Michaël Nguyen | Journal de Montréal

L’enfant de 6 ans qu’Ugo Fredette aurait emmené dans sa cavale jusqu’en Ontario aurait été utilisé comme bouclier humain, a relaté une policière ce matin.

«L’enfant était utilisé comme bouclier humain, il était effrayé, il pleurait, il était hystérique», s’est remémoré la policière Pamela Côté, jeudi, au palais de justice de Saint-Jérôme.

Fredette, 43 ans, est accusé du meurtre prémédité de sa conjointe Véronique Barbe et d’Yvon Lacasse, un aîné dont il a volé le véhicule pour prendre la fuite avec un enfant de 6 ans. Les crimes auraient été commis le 14 septembre 2017, dans une résidence de Saint-Eustache et à une halte routière de Lachute.

Une alerte Amber avait rapidement été déclenchée pour retrouver l’enfant, qui aurait été transporté dans plusieurs villes de l’Abitibi, des Laurentides et de l’Outaouais, jusqu’à ce que Fredette soit épinglé dans l’est de l’Ontario.

Retrouvé en Ontario

Après une cavale de quelque 24 heures l’ayant mené dans plusieurs villes du nord-ouest du Québec, des Laurentides à l’Abitibi, en passant par l’Outaouais, Ugo Fredette a été repéré par les forces de l’ordre dans l’est de l’Ontario.

La policière Côté, du Service de police de l’Ontario, est alors arrivée sur les lieux.

«J’ai reçu l’information, des ondes, comme quoi la voiture était dans une résidence privée», a-t-elle dit au jury.

Une fois sur place, la policière a rapidement vu la propriétaire des lieux, qui lui aurait affirmé que Fredette se cachait peut-être chez elle. Avec son partenaire, la policière a expliqué avoir commencé à fouiller les lieux.

Bouclier humain

C’est là qu’ils auraient trouvé Fredette, le long d’une barrière, tenant l’enfant par la poitrine et par le cou avec un bâton.

«Fuck, tire-moi, tue-moi!» aurait lancé Fredette.

Les policiers ont crié à Fredette de lâcher l’enfant et de déposer son arme, selon la témoin. Mais le suspect refusait d’obtempérer. Un autre policier a alors sorti un pistolet à impulsion électrique pour atteindre Fredette.

«J’ai alors couru vers l’enfant pour le tirer de cette emprise. Le petit était hystérique. Il criait: “Non, non!” s’est souvenue la policière. Il avait des marques d’égratignures derrière la nuque.»

En contre-interrogatoire, devant l’avocat de la défense Louis-Alexandre Martin, la policière a toutefois reconnu que Fredette n’était pas accroupi pour se cacher complètement derrière l’enfant.

Pendant que ses collègues arrêtaient Fredette, la policière Côté s’est chargée de prendre soin de l’enfant en pleurs.

«La propriétaire des lieux lui a donné un popsicle. Quant à moi, je lui ai demandé s’il allait bien, a dit la policière. L’enfant a répondu oui. Une policière l’a ensuite pris en charge pour l’amener à l’hôpital.»

Renfermé

Pendant que l’enfant était confié aux ambulanciers, d’autres policiers ont procédé à l’arrestation de Fredette. Et si ce dernier criait aux policiers de le tuer, il n’a plus dit un mot par la suite.

« Il a fermé les yeux, a expliqué au jury le sergent Chris Pinkerton de la police ontarienne. Quand je l’ai placé dans l’autopatrouille, il a placé sa tête sur une vitre, tout en gardant les yeux fermés. »

Selon le policier, Fredette est resté silencieux de longues minutes. Quand il s’est fait lire ses droits, il n’aurait pas réagi.

Ce n’est que cinq minutes avant l’arrivée au poste que l’accusé aurait montré des signes de vie.

« Il transpirait beaucoup, alors je lui ai demandé s’il avait soif, a expliqué le policier. Il n’a rien dit, mais il a ouvert les yeux. Il a bu les trois quarts d’une bouteille d’eau puis a remis sa tête contre la vitre. Après, il a dit des choses en français, tout ce que j’ai compris c’est que ses mains lui faisaient mal. »

Le procès, présidé par la juge Myriam Lachance, se poursuit. Trois procureurs officient pour la Couronne : Steve Baribeau, Karine Dalphond et Alexis Marcotte-Bélanger.

 

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