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Des petits commerçants se regroupent pour éponger le prix élevé des locaux

Maude Carmel

 - Agence QMI

MAUDE CARMEL/24 HEURES/AGENCE QMI

Louer un local dans un quartier très fréquenté de Montréal n'est pas chose facile pour les petits commerçants. Un nombre grandissant d'entre eux remédient à la situation en créant des boutiques éphémères, ou en louant un espace à plusieurs, et ce, sans se ruiner.

En mars 2017, la Montréalaise Alex Mondry a eu l’envie de donner des opportunités à des créatrices montréalaises qui vendaient leurs produits en ligne, mais qui ne pouvaient pas se permettre de louer un local seules. Elle s’est mise à organiser des petits événements de vente, puis elle a créé le Floh Boutique, dans un immense espace commercial qu’elle loue depuis avril sur la rue Saint-Denis, près de l’intersection avec Marie-Anne.

«Je voulais qu’il y ait un point de vente réunissant les entreprises montréalaises seconde main. Ça leur donne l’opportunité de se faire connaître des clients qui n’achètent pas en ligne, et ça diminue les livraisons et l’emballage de plastique!» a-t-elle expliqué.

Au départ, le Floh réunissait 30 créateurs et vendeurs locaux qui attiraient les foules le temps d’un week-end ou deux par mois. Puis, certains d’entre eux ont décidé de s’y installer pour quelques mois.

«On a donc été huit vendeurs à se partager le loyer avec Alex tout l’été. Et là, on déménage à la porte d’à côté pour un autre six mois», Stéphanie Nolin, propriétaire de la boutique de vêtements de seconde main Le Rack.

Le Floh a été un moment décisif dans sa vie d’entrepreneure.

«C’était très difficile de ne vivre que des ventes en ligne, et impossible de se louer un local seule. Depuis le Floh, je peux enfin vivre! Il y a toujours des clients, parce que la popularité d’un commerce profite aux autres», a poursuivi Stéphanie Nolin.

Pour elle, cohabiter avec d’autres entreprises n’est pas du tout un problème.

«Il n’y a pas de compétition! Et si j’ai une urgence, mes collègues s’occuperont de faire les transactions pour moi.»

Les boutiques éphémères pourraient même contribuer à ressusciter les avenues commerciales, croit l’instigatrice du projet.

«Les boutiques et restaurants voisins insistent pour que je fasse des événements plus souvent, ça décuple leur clientèle!» s’est réjouie Alex Mondry.