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Interdiction des armes à feu: Trudeau relance le débat, Scheer dit non

Agence QMI

Le chef libéral Justin Trudeau a promis vendredi d’interdire les armes d’assaut de style militaire, s’il est réélu le 21 octobre prochain.

M. Trudeau en a fait l’annonce en campagne, à Toronto, une ville aux prises avec une vague de violence sans précédent ces dernières années.

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Trudeau promet d’en faire plus pour le contrôle des armes à feu

«En matière d’armes à feu, il y a encore beaucoup de choses à faire», a reconnu M. Trudeau, rappelant que la violence par arme à feu est en hausse au pays. Il a noté qu’en 2017, il y a eu 2500 victimes de violence par armes à feu de plus qu’en 2013, soulignant que plusieurs de ces incidents impliquaient des conjoints.

Les libéraux promettent d’interdire toutes les armes d’assaut de style militaire, y compris les AR-15, ainsi que de donner aux municipalités la possibilité de restreindre ou d’interdire les armes de poing, comme le propose aussi le NPD.

«Nous protégerons les droits des chasseurs qui respectent la loi et nous nous engagerons à ne pas ressusciter le registre fédéral des armes d’épaule, a-t-on précisé. Les chasseurs n’utilisent pas d’armes d’assaut et n’en ont pas besoin.»

Plusieurs groupes et maires, comme Valérie Plante à Montréal ou John Tory à Toronto, réclament le bannissement des armes de poing et autres fusils d’assaut. Une triste marque a été établie dans la Ville Reine en 2018 avec un total de 96 meurtres. En comparaison, 87 meurtres avaient été commis dans l'ensemble du Québec en 2018, selon le «Journal de Montréal».

L’organisme PolySeSouvient s’est dit «heureux, mais également déçu» par l’annonce libérale. «L'engagement d'interdire les armes d'assaut est sans contredit une excellente nouvelle, a souligné Heidi Rathjen, coordonnatrice de PolySeSouvient. L'emphase sur les programmes de rachat plutôt que d’uniquement proposer des clauses de droits acquis pour les armes existantes est très positive.»

En revanche, elle estime que «l'interdiction de ces armes dans seulement certaines municipalités serait non seulement inadéquate, compte tenu des risques, mais également inefficace».

Pas la solution, dit Scheer

Le chef conservateur a refusé vendredi de s’engager pour le bannissement, estimant que ce n’est pas la solution appropriée.

«Il y a beaucoup de règles pour le contrôle des armes à feu ici au Canada que les conservateurs ont toujours appuyé, a fait savoir Andrew Scheer, en campagne à Saint-Jean. Nous écoutons les experts qui nous disent que c’est mieux d’utiliser les ressources policières pour lutter contre les gangs de rue et les armes à feu illégales.»

M. Scheer a aussi qualifié «d’accusation ridicule» les propos de Justin Trudeau, qui a récemment dénoncé sa proximité avec le lobby pro-armes.

«Nous sommes aux côtés des propriétaires des armes à feu honnêtes, les chasseurs, et nous allons cibler les vrais criminels», a-t-il précisé.

Pour sa part, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh estime qu’il faut surtout s’attaquer aux causes de la violence et mise sur plus de ressources aux communautés, pour que les jeunes aient un «avenir positif, optimiste», notamment. Il croit aussi que la question du logement abordable et de l’emploi de qualité sont aussi des enjeux importants qui sont reliés à cette question.

À plusieurs reprises, des groupes de victimes et même des associations étudiantes ont réclamé avant et au cours du mandat libéral l’interdiction des armes de poing et les fusils d’assaut.

Déjà lors de la campagne électorale de 2015, les libéraux avaient promis de bannir les fusils d’assaut, responsables notamment des tueries de Polytechnique, de Dawson et de Moncton.

Pendant son mandat, le gouvernement Trudeau a adopté le projet de loi C-71, resserrant les règles pour l’obtention de permis d’armes à feu. La pièce législative a été adoptée au printemps dernier après plusieurs amendements du Sénat.