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L'Arabie saoudite dévoile les dégâts sur ses installations pétrolières

Agence France-Presse

L'Arabie saoudite a montré vendredi pour la première fois à la presse l'étendue des dégâts sur ses installations pétrolières attaquées le 14 septembre, insistant sur sa détermination à rétablir rapidement sa production en dépit de la montée des tensions dans la région.

Ces attaques ont été attribuées à l'Iran par les États-Unis qui ont évoqué un «acte de guerre», mais Téhéran a nié toute responsabilité et mis en garde contre une «guerre totale» en cas de riposte américaine ou saoudienne. Les rebelles yéménites Houthis, soutenus politiquement par Téhéran, ont revendiqué ces attaques.

L'installation de Khurais, dans l'est du royaume, a été frappée quatre fois et des incendies y ont fait rage cinq heures durant, a déclaré aux journalistes un responsable du géant pétrolier saoudien Aramco qui gère le site, ce qui a contribué à la réduction de moitié de la production du premier exportateur d'or noir et entraîné une flambée des prix.

 

Dix-huit frappes ont été recensées à Abqaiq, qui abrite la plus grande usine du monde de traitement de brut, selon un autre responsable d'Aramco.

Les journalistes ont constaté lors de cette rare visite du complexe énergétique saoudien que d'énormes réservoirs avaient été endommagés à Abqaiq ainsi que des tours de «stabilisation», servant notamment à séparer le gaz du brut.

Selon un troisième responsable d'Aramco, Khaled al-Ghamdi, «6000 ouvriers sont impliqués dans les travaux de réparation» contre 112 sur le site habituellement.

La visite a été organisée au lendemain d'une tournée dans la région du secrétaire d'État américain Mike Pompeo qui a semblé vouloir calmer le jeu, affirmant que son pays privilégiait une «solution pacifique» avec l'Iran.

Le numéro deux de la diplomatie saoudienne, Adel al-Jubeir, a affirmé dans la nuit que toute complaisance envers Téhéran l'encouragerait à «commettre d'autres actes de terrorisme et de sabotage» dans la région.

Le président chinois Xi Jinping a appelé à la retenue pour éviter «d'aggraver les tensions» et condamné les attaques au cours d'une conversation téléphonique avec le roi Salmane d'Arabie saoudite.

Les tensions entre Washington et Téhéran n'ont cessé de croître depuis le retrait unilatéral en 2018 des États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien suivi du rétablissement de lourdes sanctions américaines contre l'Iran.

Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi de nouvelles sanctions contre le système bancaire iranien et notamment contre la Banque centrale, «les plus sévères jamais imposées à un pays», deux jours après avoir évoqué un «durcissement substantiel» de ces mesures punitives.

La Banque centrale était déjà sanctionnée pour des motifs liés aux activités nucléaires de Téhéran, mais l'est désormais pour «financement du terrorisme», a indiqué le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

M. Trump a toutefois ajouté que «faire preuve de retenue» sur le plan militaire était le meilleur moyen d'afficher «la force» des États-Unis face à l'Iran, même si le pays a les capacités de «frapper 15 sites majeurs» iraniens.

Les reporters ont constaté des scènes de destruction à Khurais, avec des grues déployées au milieu de débris calcinés. Les techniciens s'activaient à évaluer les dommages causés à un stabilisateur.

Au moment de l'attaque, «il y avait plus de 200 à 300 personnes à l'intérieur des installations», a déclaré Fahad Abdelkarim, un directeur d'Aramco, précisant que personne n'avait été blessé.

Les dégâts matériels sont considérables: de gros tuyaux en métal ont été déformés par les explosions et étaient éparpillés sur le site.

Selon les autorités saoudiennes, 18 drones et sept missiles de croisière ont été utilisés.

La vulnérabilité des infrastructures saoudiennes en général, et pétrolières en particulier, a été rappelée dans un rapport du Center for Strategic and International Studies (CSIS) de Washington.

Malgré l'ampleur des dégâts, Aramco demeure optimiste quant au rétablissement complet de sa production.

«Une équipe d'urgence a été constituée pour réparer l'usine, relancer les activités et ramener (la production) à son niveau habituel», a souligné M. Abdelkarim.

«En moins de 24 heures, 30% de l'usine était opérationnel», a-t-il dit, affirmant que «la production sera au même niveau qu'avant l'attaque d'ici la fin du mois». «Nous reviendrons plus forts», a-t-il promis.

Mais des spécialistes jugent cet objectif ambitieux. Le bulletin spécialisé du groupe Energy Intelligence a souligné dans un rapport que certaines réparations nécessiteraient «plusieurs semaines».

Vendredi, les Houthis on accusé la coalition menée par Ryad depuis 2015 au Yémen pour soutenir les forces progouvernementales d'une «escalade» à Hodeida, ville stratégique de l'ouest du pays, au lendemain de frappes contre quatre sites des Houthis, les premières depuis le 14 septembre.

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