/news/elections

Peu d'effet dans Papineau

Antoine Robitaille | Agence QMI

Dans Papineau, la circonscription montréalaise de Justin Trudeau, la crise du brownface (ou blackface) semblait beaucoup moins aiguë qu'on aurait pu le croire, jeudi.

Ses principaux adversaires au scrutin du 21 octobre auraient pu, par exemple, vouloir en profiter à fond.

Au contraire, j'ai eu du mal à obtenir une rencontre avec un candidat. Certes, dans un château fort libéral comme celui-là, dont le député est le premier ministre par surcroît, les partis adverses déploient rarement beaucoup d'énergie.

Le Bloc n'y a pas encore de candidat. Le Parti conservateur et le NPD en ont chacun une, mais sans local électoral; elles gardent en plus, pendant la campagne, un pied au boulot.

Introuvable

Jeudi, les organisateurs néodémocrates furent incapables, malgré nos demandes répétées, de nous permettre de rencontrer la candidate NPD Christine Paré.

Celle-ci, vers 16 h, s'est contentée de publier une longue entrée accusatrice sur sa page Facebook au sujet du blackface trudeauesque. «Quand les gens subissent des moqueries à propos de la couleur de leur peau ou de leur identité culturelle, c’est une forme de violence qui peut les blesser profondément.»

Après avoir souligné trois incidents où le gouvernement Trudeau aurait failli à protéger les personnes «racisées», Mme Paré conclut: «S’il ne mets [sic] pas fin à la violence de son gouvernement, ça incitera les gens à questionner la sincérité des [...] ses excuses.»

Peu discuté

La candidate conservatrice Sophie Veilleux, que j'ai pu rencontrer en fin d'après-midi, a admis que personne, dans son porte-à-porte du matin, ne lui avait parlé du blackface.

Si elle jure qu'elle ne tentera pas de l'exploiter, elle soutient que le geste de Justin Trudeau, même commis il y a 18 ans, est «déplorable» et «inacceptable».

Dans la rue cependant, plusieurs électeurs de Papineau semblaient vouloir passer l'éponge.

«Ce n’est pas parce qu’il s’est peinturé en noir qu'il est raciste! Ça peut même vouloir dire qu’il aime les noirs», opina par exemple Hamed Bamba, camelot du journal «L'Itinéraire», au métro Parc.

«Je sais que "qui s’excuse s’accuse"... Mais il est certain qu'en politique, les gens profitent de toutes les occasions pour attaquer leurs opposants.»

Dans la même catégorie